Covid-19 : vaccins, dépistage des cancers... le retard lié à l'épidémie n'est pas rattrapé

C'est ce qu'ont indiqué vendredi l'Agence du médicament et l'assurance-maladie. "Le retard ne pourra pas être comblé en 2020", avertissent-elles. 

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L'Agence du médicament et l'assurance-maladie constatent un "fort déficit" de la vaccination du nourrisson, contre le virus HPV et contre le tétanos. (MARIE BIENAIM / AFP)

La chute des ventes de certains médicaments, liée à la déstabilisation du système de santé depuis le confinement, n'a toujours pas été rattrapée, notamment pour les vaccins ou les produits nécessaires au dépistage des cancers. C'est ce qu'ont indiqué, vendredi 9 octobre, l'Agence du médicament et l'assurance-maladie.

"Le retard ne pourra pas être comblé en 2020", avertissent l'ANSM et la CNAM dans le quatrième volet de leur étude sur la délivrance de médicaments sur ordonnance en pharmacie, indicateur d'éventuels dysfonctionnements du recours aux professionnels de santé pour les soins non liés au Covid-19.

"Un déficit de mise en route des traitements"

Après un "phénomène de stockage" au début du confinement, suivi d'une "sous-consommation" dans les semaines qui ont suivi, la consommation des traitements du diabète ou des maladies cardiovasculaires est revenue à la normale pour les patients déjà traités, montre l'enquête qui porte sur la période du 16 mars au 13 septembre.

En revanche, la comparaison avec les deux années précédentes montre "un déficit de mise en route des traitements" pour les nouveaux malades. Par rapport au niveau prévisible, les instaurations de nouveaux traitements pour réguler le cholestérol (statines) ou traiter l'insuffisance cardiaque ou rénale (furosémide) ont ainsi baissé d'au moins 10%. Les nouvelles prescriptions d'antiagrégants plaquettaires (comme l'aspirine), d'anticoagulants ou de certains médicaments contre l'hypertension ont enregistré la même évolution.

Des retards de prise en charge de certaines pathologies

L'ANSM et la CNAM constatent aussi une diminution "inquiétante" de la délivrance de médicaments liés à des maladies graves, comme la ciclosporine (immunosuppresseur utilisé après une greffe d'organe), des traitements de l'insuffisance rénale et des cancers, ou des traitements des douleurs modérées à sévères (codéine, tramadol...).

"Autre phénomène préoccupant : la chute, non rattrapable en 2020, de la consommation des produits pour les diagnostics médicaux par endoscopie ou par imagerie, indispensables pour diagnostiquer certains cancers ou maladies graves", avec par exemple 250 000 préparations pour la coloscopie en moins par rapport à la même période en 2019. Cette baisse fait craindre "des retards conséquents de prise en charge" dans les mois à venir.

La consommation des anxiolytiques, elle, a augmenté

La "très forte diminution de la délivrance et de l'utilisation de produits qui nécessitent une administration par un professionnel de santé" (injections de traitements contre la DMLA, poses de stérilets...) se confirme également, tout comme le "fort déficit" de la vaccination du nourrisson, contre le virus HPV et contre le tétanos.

En revanche, anxiolytiques et hypnotiques "ont vu leur consommation et leur instauration accrues de façon persistante pendant et au décours du confinement", avec 1,1 million et 480 000 traitements supplémentaires délivrés en six mois par rapport au niveau prévisible. Cette augmentation "reflète probablement l'impact psychologique important de l'épidémie de Covid-19 et de ses conséquences sociales, professionnelles et économiques", avance l'étude.

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