Coronavirus : une sortie progressive du confinement devrait être basée "sur des analyses immunologiques", estime une chercheuse

Morgane Bomsel, biologiste moléculaire, chercheuse à l’Institut Cochin sur le Covid-19, estime qu'une sortie progressive du confinement est "une assez bonne idée". Les régions les premières touchées sortiraient "probablement" les premières du confinement. 

Le centre-ville d\'Amiens (Somme), déserté durant le confinement, le 31 mars 2020. 
Le centre-ville d'Amiens (Somme), déserté durant le confinement, le 31 mars 2020.  (MARC BERTRAND / FRANCE-BLEU PICARDIE)

Il faudra "probablement" réaliser des analyses immunologiques pour mieux comprendre comment le coronavirus Covid-19 a progressé et s'est transmis dans la population, pour mieux envisager le déconfinement, estime Morgane Bomsel, biologiste moléculaire, directrice de recherche au CNRS, chercheuse à l’Institut Cochin sur le VIH et sur le Covid-19, invitée de franceinfo, jeudi 2 avril. Pour la chercheuse, l'hypothèse d'une sortie progressive du confinement lui paraît être "une assez bonne idée", avec, "probablement, en pratique", les régions les premières touchées qui sortiraient les premières du confinement. Mais, tempère-t-elle, "il faudrait que ce soit basé sur des analyses immunologiques, sur des tests réels".

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"On peut penser que la détection d'anticorps dans le sang ou, au besoin, au niveau nasal, serait une solution. En effet, quand on est infecté, rapidement, l'individu infecté développe contre le virus une immunité qu'on peut détecter. C'est un signe très sensible, mais qui n'apparaît que plus tard dans la pathologie, ou quand l'individu est guéri. On peut mesurer cela relativement facilement dans le sang", explique Morgane Bomsel. "Donc, cela semble une bonne piste."

Établir des tests spécifiques

Il faut néanmoins rester prudents sur cette méthodologie, selon la chercheuse. "Plusieurs tests ont été élaborés jusqu'à maintenant, mais il faut encore probablement tester un certain nombre de choses avant de pouvoir les utiliser. Par exemple, on sait qu'une proportion notable de personnes sont infectées chaque année par d'autres coronavirus. Et que beaucoup de ces anticorps, induits par d'autres virus, peuvent reconnaître le Covid-19. Donc, il faudra faire des tests réellement de spécificité", juge Morgane Bomsel. "On ne connaît pas non plus la quantité d'anticorps qu'il faudrait développer pour être réellement protégé", ajoute-t-elle.

Il faudrait donc, dans "les quelques jours et semaines qui viennent, établir ces corrélations" c'est-à-dire faire un "certain nombre d'analyses sur des gens guéris, et voir leur taux d'anticorps", explique Morgane Bomsel. Analyser des porteurs du Covid-19 n'ayant pas développé de symptômes, "bien sûr, c'est plus compliqué" mais utile, juge la chercheuse. L'idéal, selon elle, serait de conduire une analyse sur un échantillon d'un millier de personnes : "Si on arrive à analyser un millier de personnes, on devrait quand même avoir une petite idée."