Coronavirus : l'UFC-Que Choisir poursuit 20 compagnies aériennes pour obtenir le remboursement de billets annulés

D'après l'association de consommateurs, "certaines compagnies font croire aux consommateurs que la situation particulière de pandémie leur permettrait de ne proposer qu'un bon d'achat".

Des avions de la compagnie Ryanair sur le tarmac de l\'aéroport Jean-Paul II de Cracovie (Pologne), le 18 mai 2020.
Des avions de la compagnie Ryanair sur le tarmac de l'aéroport Jean-Paul II de Cracovie (Pologne), le 18 mai 2020. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)

L'association française de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé, mardi 19 mai, qu'elle assignait en justice vingt compagnies aériennes afin de permettre aux passagers dont le vol a été annulé d'avoir le droit de choisir entre un remboursement et un avoir. La législation européenne prévoit qu'en cas d'annulation, le voyageur doit se voir proposer soit un nouvel itinéraire, soit un remboursement. Ce dernier reste la règle et peut se faire sous forme d'un avoir mais seulement avec l'accord du consommateur, a rappelé la Commission européenne début mai.

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"Certaines compagnies font croire aux consommateurs que la situation particulière de pandémie leur permettrait de ne proposer qu'un bon d'achat, dénonce l'UFC-Que Choisir. D'autres acceptent de rembourser leurs passagers mais en suspendent le paiement jusqu'à une date indéterminée, voire après la fin de la crise sanitaire." 

Des annulations estimées à 9,2 milliards

L'association, qui avait mis en demeure 57 compagnies en avril, a finalement décidé d'en assigner 20 en "cessation d'agissement illicite" devant le tribunal judiciaire de Paris. Les compagnies visées, "les principales" selon l'UFC-Que Choisir, sont Air France, KLM, Transavia, Ryanair, Vueling, Lufthansa, Turkish Airlines, Emirates, Royal Air Maroc, Tunisair, Air Algérie et TAP Air Portugal mais aussi Volotea, Air Caraïbes, Norwegian, Air Austral, Air Europa, Air Corsica, Corsair et Air Transat.

La date d'audience n'a pas été fixée à ce stade. L'association indique qu'elle "ne sollicite pas, pour l'instant, de dommages et intérêts" mais "souhaite simplement que les compagnies (...) respectent les droits des consommateurs". "Les passagers n'ont pas vocation à être les financiers des compagnies aériennes, il y a des banques pour cela", a affirmé à l'AFP Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique de l'UFC-Que Choisir.

Mises à genou par l'arrêt du trafic mondial, les compagnies aériennes se défendent en arguant des "contraintes de liquidité sans précédent", selon A4E, leur principale association européenne. D'après elle, les billets non utilisés représentent 9,2 milliards d'euros jusqu'à la fin mai. "Il faut que chacun comprenne qu'on a eu à réagir dans une situation complètement inédite et donc il faut inventer des mécanismes, a réagi mardi sur BFMTV le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. Peut-être que pour l'avenir il faudra créer un fonds de compensation des voyageurs directement porté par une entité européenne pour protéger les passagers européens."