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Coronavirus : "Soigner un malade qui tousse sans masque ni protection, c’est du suicide", s’alarme un médecin généraliste de Montreuil qui a fermé son cabinet

Lundi matin, la plupart des confrères de Jean Devys à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, ont décidé de fermer leur cabinet en raison du manque de protection face à l'épidémie de coronavirus.

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Radio France
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Un généraliste qui s'occupe d'un patient à Quimper dans le Finistère, le 21 mai 2015 (photo d'illustration). (FRED TANNEAU / AFP)

"Soigner un malade qui tousse sans masque ni protection", et qui risque d'être infecté par le coronavirus "c’est du délire, c’est du suicide", s’alarme Jean Devys, médecin généraliste de Montreuil en Seine-Saint-Denis qui témoigne sur franceinfo, lundi 16 mars. "Depuis deux jours, les médecins de Montreuil se sont mis en groupe par contact téléphonique pour signaler quelque chose de très important : nous n'avons actuellement aucun moyen de nous protéger, nous n'avons plus de masques", s’étrangle Jean Devys.

"Nous avons péniblement reçu un dépôt de masques il y a une semaine, explique le généraliste, ce sont des masques chirurgicaux, qui n’ont qu’une durée de vie de trois ou quatre heures et qui ne nous protègent pas". Un manque de protection face à l'épidémie de coronavirus qui inquiète Jean Devys : "Si jamais nous sommes contaminés, parce que nous manquons de masques, nous contamineront les autres." Le médecin généraliste rappelle que le stade 3 "permet aux hôpitaux et aux urgences de s’occuper des cas graves, et délègue, en quelque sorte, les cas non graves et les autres pathologies aux médecins de ville, généralistes ou spécialistes".

"Nous sommes en première ligne"

Il n’oublie pas les pharmaciens, qui ont "le même problème de manque de protection" selon lui. D’où ce coup de gueule pour alerter sur les conséquences qui pourraient en découler : "Nous voyons des gens qui sont possiblement contaminés, sans masque et nous-mêmes, qui pouvons être potentiellement infectés, risquons de transmettre la maladie aux autres. Nous sommes en première ligne."

Lundi matin, la plupart des confrères de Jean Devys à Montreuil ont décidé de fermer leur cabinet, témoigne le médecin. "On ne peut pas travailler sans masque, ce n’est pas possible. Moi-même, j’ai fermé mon cabinet. Ma secrétaire reçoit des gens avec son masque pour leur dire de faire demi-tour. Tant que nous n’obtiendrons pas des protections authentiques, nous ne verrons plus personne."

Depuis vendredi, les consignes du ministère de la Santé sont claires : tous les professionnels de santé sont invités à porter un masque FFP2, ceux avec un niveau de protection élevé. De même que les patients. Mais cela n’a pas changé grand-chose pour les médecins de ville, regrette Jean Devys : "On nous promet des masques depuis 15 jours mais on n’en voit pas la couleur. On téléphone à l’Agence régionale de santé, mais ça ne répond pas. C’est le symbole d’une réelle décadence du système étatique."

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