Coronavirus : "S’il y en a un qui est contaminé dans la chaîne, il va contaminer les autres en fait ", s'indigne un syndicaliste de chez Amazon dans le Loiret

Pour lui, la direction n’applique pas assez les règles de sécurité sanitaire à cause du coronavirus.

L\'intérieur d\'un centre de distribution d\'Amazon, ici à Brétigny-sur-Orge (Essonne)
L'intérieur d'un centre de distribution d'Amazon, ici à Brétigny-sur-Orge (Essonne) (ARTHUR BLANC / FRANCE-BLEU LORRAINE NORD)

"S’il y en a un [employé] qui est contaminé dans la chaîne, il va contaminer les autres en fait", explique mercredi 18 mars sur franceinfo Jean-François Bérot, syndicaliste Sud-Solidaire à l’entrepôt Amazon de Saran dans le Loiret. Un débrayage a eu lieu jusqu’à 15h30 pour rassembler les salariés et demander l’application du droit de retrait comme c’est un commerce non-essentiel.

Franceinfo : Amazon applique-t-elle les consignes de sécurité sanitaire dans votre entrepôt ?

Jean-François Bérot : On est obligé de constater que malgré tous les efforts qu'ils peuvent écrire, on ne peut pas suivre les consignes de maintien des distances. On n'a pas de gel sur les postes, on n’a pas de gel en bas des escaliers quand on nous demande de tenir la rampe par mesure de sécurité. On manipule des articles à la chaîne.

Un article qui rentre chez Amazon, il va être manipulé par au minimum 20 personnes avant de ressortir.Jean-François Bérot, syndicaliste Sud-Solidaire chez Amazonà franceinfo

Quand on entend les infos tous les jours qui deviennent de plus alarmantes sur le virus qui est en l'air, il peut tenir sur les surfaces un certain nombre d’heures. S'il y en a un qui est contaminé dans la chaîne, il va contaminer les autres, en fait, et potentiellement, les clients aussi, puisqu'on arrive à livrer assez vite.

Il y a combien de personnes dans l’entrepôt de Saran ?

Il y a 1 700 embauchés, on doit être à peu près 600 personnes qui travaillent en même temps à l'intérieur de l'entrepôt. Donc, qui manipulent les chariots, les scans qui sont nettoyés une fois par jour, et c'est même pas cher pour les outils en fait. Du coup, potentiellement, on va se contaminer, les uns les autres.

Quelles mesures ont été prises par Amazon ?

Des mesures ont été prises de séparer les équipes en quatre au lieu de deux pour espacer les pauses et réduire le nombre de personnes qui vont en pause en même temps, etc. Là à l’inter shift entre le matin et l'après-midi, tout le monde va se croiser.

Il va y avoir peut-être 200 à 300 personnes dans la cantine, dans l’espace vestiaire et cantine.Jean-François Bérot, syndicaliste Sud-Solidaire chez Amazonà franceinfo

De toute façon, quoi qu'il arrive, on est plus de 100 à l'intérieur tout le temps. Il y a des moments où on peut arriver à être un peu isolé, mais en général, d'une manière ou d'une autre, il y a toujours des moments où on va croiser du monde.

Vous avez une réunion demain avec la direction, vous espérez que les choses vont évoluer ?

On essaye d’avoir un interlocuteur à la direction aujourd'hui, mais ils ne sont pas physiquement présents. Ceux qui vont pouvoir répondre ne sont pas physiquement présents puisque les cadres télétravaillent et les ouvriers, c’est eux qui vont prendre les risques.