Coronavirus : la crise a été gérée "par l'approximation", estime Gérard Larcher

Le président du Sénat a estimé que la "confusion" causée par les "prises de paroles incessantes et contradictoires" de l'exécutif avait "un peu plus contribué à une société de défiance vis-à-vis de la parole publique, y compris scientifique".

Le président du Sénat, Gérard Larcher, arrive au Palais du Luxembourg, à Paris, le 12 mars 2020.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, arrive au Palais du Luxembourg, à Paris, le 12 mars 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le président du Sénat a estimé, dimanche 26 avril, que "la pénurie, le manque de masques et de tests" ont été "gérés par l'approximation et parfois par l'omission". Gérard Larcher reproche à l'exécutif "les prises de paroles incessantes et contradictoires", depuis le début de la crise du coronavirus. "Les Français pensent qu'on ne leur a pas dit la vérité. On ne pouvait pas leur dire que le port du masque était inutile. On ne pouvait pas leur dire que le dépistage massif n'était pas indispensable, a déclaré Gérard Larcher dans un entretien au JDD. Certes, il est toujours facile de jeter la pierre, mais je crains que cette confusion ait un peu plus contribué à une société de défiance vis-à-vis de la parole publique, y compris scientifique."

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L'élu LR a indiqué avoir "demandé au président de la République qu'il y ait un débat global sur le déconfinement", qui doit avoir lieu "au plus tard le 5 mai". Alors que le Premier ministre doit présenter mardi "la stratégie nationale du plan de déconfinement", Gérard Larcher a fait valoir trois exigences : "progressivité, territorialisation et réactivité". "La réponse ne peut être que dans la différenciation. Si elle est la même partout, le risque d'échec est majeur", a martelé le sénateur.

Selon lui, "la gestion [du déconfinement] doit être déconcentrée". "Les préfets doivent avoir autorité sur tous les services de l'Etat. Elle doit aussi être décentralisée. Sans les régions, on ne sait pas relancer l'économie, gérer les transports et les lycées", estime le président du Sénat. A propos du "traçage", Gérard Larcher se dit "pragmatique" : "Pourquoi pas ? Mais si nous n'avons ni masques ni tests, il ne nous protègera pas du Covid-19", a-t-il fait observer.