Coronavirus : plus d'un Parisien sur dix a quitté la capitale depuis le début du confinement, selon l'Insee

Paris intra-muros a perdu environ 12% de ses habitants depuis le début du confinement. Les Parisiens sont partis majoritairement en Normandie, en Bourgogne, dans le Centre, en Bretagne et dans les autres départements du littoral atlantique.

L\'Opéra Garnier, le 8 avril 2020, à Paris.
L'Opéra Garnier, le 8 avril 2020, à Paris. (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / AFP)

Un petit exode. Paris intra-muros s'est vidé de 11% à 12% de ses habitants depuis le début du confinement, et même de 22% à 23% si l'on prend en compte ceux qui y séjournent sans y résider, selon une étude de l'Insee publiée mercredi 8 avril, basée sur des données anonymes issues du réseau de téléphonie Orange.

Entre les 9-10-11 mars, d'une part, et les 23-24-25 mars d'autre part (soit avant et après l'instauration du confinement), le nombre de personnes passant la nuit à Paris a chuté d'environ 22% à 23%, selon les comparaisons des relevés des bornes téléphoniques Orange, extrapolées à l'ensemble des détenteurs d'un téléphone portable.

Près de 190 000 Parisiens partis "au vert"

Les deux tiers de cette baisse s'expliquent par le nombre important de personnes qui, habituellement, séjournent à Paris sans y résider, et qui ont pour beaucoup quitté la capitale depuis le début de la crise épidémique. Il s'agit notamment des étudiants – qui, en tant qu'abonnés téléphoniques, ont souvent une adresse ailleurs qu'à Paris – mais aussi des touristes ou autres visiteurs étrangers.

Un tiers de cette baisse est cependant dû au départ des Parisiens eux-mêmes, dont beaucoup ont rejoint leur résidence secondaire, selon l'Insee. Cette situation concerne environ 189 000 personnes, soit 11% à 12% des Parisiens qui étaient effectivement présents dans la capitale juste avant le début du confinement.

Par rapport à avant le confinement, on retrouve plus de résidents parisiens et d'habitants des Hauts-de-Seine en Normandie, en Bourgogne, dans le Centre, en Bretagne et dans les autres départements du littoral atlantique, leurs zones habituelles de résidence secondaire.

Des départements de haute montagne désertés

L'Insee rapporte par ailleurs "un second mouvement massif de population" lié à "la fermeture des stations de ski à partir du 15 mars". Conséquence, "les départements de haute montagne se sont vidés", avec une chute de 38% à 43% de la population enregistrée la nuit par les bornes téléphoniques en Savoie, de 26% à 28% dans les Hautes-Alpes, ou encore de 8% à 9% dans les Hautes-Pyrénées.

Globalement, depuis le début du confinement, une plus grande proportion de la population se trouve physiquement dans le département où elle réside habituellement. "Au total, on compte 1,6 million ou 1,7 million de personnes de plus qu'avant le confinement en nuitée dans son département de résidence. Seuls Paris et les Hauts-de-Seine affichent un solde négatif de résidents", soulignent les auteurs de l'étude.

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