2019-nCoV : "Les délais d'incubation sont beaucoup plus courts, à peu près 5 jours", estime un médecin infectiologue

"Bien sûr on est inquiets de pouvoir avoir des cas secondaires, c'est-à-dire des cas qui ont été en contact avec ces personnes et qui développeraient l'infection", a confié jeudi sur franceinfo le Dr Odile Launay.

Un touriste porte un masque près de la Tour Eiffel à Paris, ce samedi 25 janvier 2020. Trois cas de personnes infectées par le coronavirus ont été identifées en France. Elles sont en cours de traitement. 
Un touriste porte un masque près de la Tour Eiffel à Paris, ce samedi 25 janvier 2020. Trois cas de personnes infectées par le coronavirus ont été identifées en France. Elles sont en cours de traitement.  (MAXPPP)

Le coronavirus 2019-nCoV a fait 170 morts en Chine et plus de 7 700 malades, selon un bilan établi le 30 janvier. Le nombre de cas dépasse largement celui du Sras, en 2002-2003. Plusieurs pays comme les États-Unis et le Japon ont entamé des opérations de rapatriement de leurs ressortissants. La France entame aussi le rapatriement de centaines de Français depuis Wuhan, point névralgique de l'épidémie, alors qu'un 5e cas vient d'être identifié sur le territoire français.

Pour le Dr Odile Launay, infectiologue à l'hôpital Cochin à Paris, il n'y a "pas de raison" de porter un masque en France, car le virus ne circule pas dans le pays, mais "on peut être contagieux avant même d'avoir des signes cliniques", voire, comme avec la grippe, des personnes "asymptomatiques". "On sait maintenant que les cas secondaires sont de plus en plus fréquents, ajoute-t-elle, que les délais d'incubation sont beaucoup plus courts, à peu près cinq jours".

Détecter au plus vite les "cas secondaires"

"Pour l'instant les cinq cas sont d'origine chinoise, de personnes qui ont séjourné en Chine. Mais bien sûr on est inquiets de pouvoir avoir des cas secondaires, c'est-à-dire des cas qui ont été en contact avec ces personnes et qui développeraient l'infection". Une enquête, "qui essaie d'être la plus précise possible", a justement pour but de détecter ces éventuels cas secondaires.

"Ce qui est difficile c'est qu'on apprend au fur et à mesure quelle est la présentation clinique de ces patients", selon le Dr Launay, qui précise que ces signes cliniques, "comme habituellement avec les maladies infectieuses, peuvent ne pas être les mêmes d'un patient à l'autre". C'est ce qui explique, selon elle, le retard dans la détection de certains cas comme celui du quatrième patient, un Chinois de 80 ans, qui "ne répondait pas directement à la définition des cas".

Les Français rapatriés de Wuhan seront accueillis dans une "structure spécialisée" pour que les équipes médicales puissent les examiner et guetter le moindre signe d'une maladie infectieuse. "On a pris un délai de précaution de 14 jours", précise le Dr Odile Launay. Ils pourront rentrer chez eux à ce terme.