Coronavirus : "On est obligés de s'aider les uns les autres, la basketteuse Diandra Tchatchouang, coordonne l'opération "À vos masques" en Seine-Saint-Denis

Des couturières et des mères de famille de Seine-Saint-Denis réalisent bénévolement des masques pour le personnel soignant du département. La joueuse de l'équipe de France féminine de basket recherche des volontaires pour les distribuer.

Diandra Tchatchouang, membre de l\'équipe de France féminine de basket, coordonne \"À vos masques citoyens\", une opération bénévole de fabrication de masques pour les soignants en Seine-Saint-Denis.
Diandra Tchatchouang, membre de l'équipe de France féminine de basket, coordonne "À vos masques citoyens", une opération bénévole de fabrication de masques pour les soignants en Seine-Saint-Denis. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

"On est dans une situation qui est urgente et du coup, on est obligé de s’aider les uns les autres", explique lundi 27 avril, sur franceinfo, Diandra Tchatchouang, joueuse du club de basket de Lattes Montpellier et membre de l'équipe de France. La joueuse coordonne depuis Montpellier la fabrication et la livraison de masques pour les personnels soignants en Seine-Saint-Denis, dans le cadre de l’opération "À vos masques citoyens". C’est une façon pour elle de rendre à son département ce qu’elle a reçu, même en étant à distance.

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franceinfo : Comment fonctionne "À vos masques citoyens" que vous coordonnez ?

Diandra Tchatchouang : J'ai grandi à La Courneuve et c'est ma ville de cœur, le 93 mon département de cœur et du coup, en association avec Impulsion 75 (association qui lutte notamment contre le décrochage scolaire en Ile de France), on a lancé cette opération "À vos masques citoyens". À la base, Impulsion 75 avait déjà une action en faveur du personnel soignant et on a ajouté avec l'équipe "l'Impulsion du cœur", représentée par pas mal de personnalités du sport : Teddy Riner, Martin Fourcade. On a lancé cette opération pour toute la Seine-Saint-Denis, mais elle démarre à La Courneuve et c'est là que je suis entrée en jeu parce que c'est ma ville.

Quel rôle jouez-vous au quotidien depuis quelques semaines ?

L'objectif, c'était de réunir un maximum de personnes, de couturiers ou de personnes sachant coudre. Avec le cofondateur de l'association Impulsion 75, Amirouche Ait Djoudi, on s'est appelés pendant des heures pendant deux semaines pour mettre tout ça en place. Moi, de mon côté à La Courneuve, mon rôle c'était un peu de faire marcher mes contacts, notamment dans le monde de la couture. Il y a des couturiers qui ont accepté de fabriquer ces masques bénévolement. A côté de ça, on a aussi lancé un appel pour que les personnes volontaires, on a pas mal de mamans qui sont membres d'associations locales, nous aident aussi à fabriquer ces masques-là. Impulsion 75 rend ça possible parce ce sont eux qui financent la matière première, le tissu, les élastiques. Tout le monde peut aider, vraiment. Je parlais des mamans parce que, pour la plupart, il y en a beaucoup qui savent coudre. C’est un gain de temps énorme et un grand merci à elles pour leur aide. Mais tout le monde peut aider. Par exemple, ces masques-là qui sont fabriqués, il faut les distribuer. On les fait fabriquer par des couturières à leur atelier, mais aussi par des mamans chez elles. Il y a des personnes qui ne savent pas coudre, par exemple, qui se sont proposées et ce sont ces personnes qui gèrent la logistique pour récupérer les masques et derrière, les distribuer. Tout le monde peut aider vraiment.

C'était important pour vous, n'étant pas sur place, de pouvoir faire quelque chose ?

Complètement, parce que, comme je vous disais, c'est difficile à regarder. Moi, quand je vois des files d'attente à rallonge de personnes qui attendent pour de la nourriture, ça fait mal au cœur. En même temps, ça fait plaisir de voir qu'il y a des actions mises en place. Comme je le disais, là, avec "A vos masques citoyens", on a commencé à La Courneuve, mais le but vraiment, c'est que ça s'étende sur toute la Seine-Saint-Denis parce que c'est tout un territoire qui est dans le besoin. Même si je ne suis pas sur place, pour moi, c'était primordial. J'ai toujours essayé de redonner à mon département. Je ne pouvais pas rester les bras croisés.

Qu'est-ce que vous diriez ? Que cette solidarité sauve ce qui peut l'être aujourd'hui dans tous ces quartiers ?

Oui, complètement. Je pense que le 93 est grandement dans le besoin. On le voit avec pas mal d'actions, notamment avec les associations qui offrent de la nourriture. On essaye de s'entraider comme on peut. C'est difficile, mais dans un moment comme celui-ci, la solidarité doit primer. J'en parlais avec l'action qui avait été mise en place par Impulsion 75 et son président d'honneur Ghani Yalouz, à destination du personnel soignant. On n'a pas le choix, aujourd'hui, on n'a pas le choix parce qu'on est dans une situation qui est urgente et du coup, on est obligé de s’aider les uns les autres.