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Coronavirus : "on a une augmentation du nombre d'appels", affirme le Samu de Seine-Saint-Denis qui souhaite rassurer les "patients angoissés"

Le directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis s'est montré rassurant sur franceinfo alors qu'il reconnaît qu'une "angoisse collective" est en train de monter dans le pays face à cette menace sanitaire. 

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Radio France
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Illustration d'un centre de régularisation du samu.  (DYLAN MEIFFRET / MAXPPP)

En France, il n'y a que trois patients touchés par le coronavirus et pourtant "cette épidémie génère de l'angoisse, on a une augmentation significative du nombre d'appels", a indiqué mardi 28 janvier sur franceinfo, le professeur Frédéric Adnet, directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis et chef du service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny. "On rassure les patients, on leur donne des conseils", poursuit Frédéric Adnet. "Face à une menace sanitaire, il y a toujours une vraie angoisse collective mais la menace n'est pas importante car on est sur un virus qui n'a pas l'air très virulent par rapport au Sras". Cependant, il reconnaît que "face à une menace sanitaire il y a toujours une vraie angoisse collective".

franceinfo : Combien d'appels en plus aux urgences à cause du coronavirus ?

Frédéric Adnet : Cette épidémie génère de l'angoisse et on le voit dans notre Samu, on a une augmentation significative du nombre d'appels. On est aussi en épidémie de grippe. Le nombre d'appels augmente à cause de la grippe, mais il augmente aussi à cause de ces appels de patients angoissés, souvent avec des peurs irraisonnées. Mais c'est un peu normal dans les épidémies, ça fait partie des peurs collectives. Les gens nous appellent. On a eu un appel où quelqu'un avait simplement croisé un groupe de Chinois et nous a demandé s'il n'avait pas de risque de contracter la maladie. La très grande majorité de ces appels correspondent simplement à de l'angoisse. On rassure les patients, on leur donne des conseils. Quand un appel est un plus sérieux comme un patient qui revient de Wuhan, on a un protocole de questionnement pour classer ce patient en cas suspect ou non.

Comment faire pour que tous ces appels au Samu ne provoquent pas d'engorgement aux urgences ?

On donne des conseils, on rassure les patients. Souvent ces appels, ce sont des gens qui n'ont pas du tout été en Chine, qui ont simplement croisé des Chinois ou qui sont allés manger dans un restaurant chinois. Le fait de donner de vrais conseils évite que ces patients viennent dans les urgences pour les engorger. Le Samu a un vrai rôle dans le triage et dans la régulation des flux en évitant ces engorgements qui amèneraient une surcharge de travail importante et qui sont dangereux. Car si le patient avait la maladie, il pourrait la transmettre aux urgences.

Beaucoup de gens achètent des masques dans les pharmacies, mais on ferait mieux de s'inquiéter de la grippe, qui a fait 9 000 morts l'hiver dernier, que de ce virus chinois ?

Un avantage de cette peur irraisonnée qui fait acheter ces masques, on va peut-être limiter la propagation de la grippe... Je rappelle que la grippe simple fait entre 5 000 et 15 000 morts chaque année en France. Le masque c'est pour les patients malades, ce n'est pas pour éviter d'attraper le virus, c'est pour éviter de le transmettre, donc ça s'adresse aux patients qui sont malades. Je comprends ces réactions et nous les professionnels on est là pour les rassurer. Face à une menace sanitaire il y a toujours une vraie angoisse collective. La menace n'est pas importante. Je rappelle qu'on n'a pas eu de décès dans les pays européens. En France, nous avons trois patients qui sont malades et qui sont en voie de guérison. On est sur un virus qui se transmet mais qui n'a pas l'air très virulent par rapport au Sras.

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