Coronavirus : "Nous allons démultiplier le nombre de tests réalisés sur le territoire", promet le ministre de la Santé

Une quinzaine d'organisations de médecins et biologistes médicaux ont dénoncé mardi la pénurie de matériel dédié aux tests du Covid-19.

Un laborantin manipule un test pour dépister le covid-19 dans un laboratoire de Lisses (Essonne), le 23 mars 2020. 
Un laborantin manipule un test pour dépister le covid-19 dans un laboratoire de Lisses (Essonne), le 23 mars 2020.  (FRANCK FIFE / AFP)

"Oui, la France a vocation à suivre les recommandations de l’OMS." Le ministre de la Santé s'est engagé à "démultiplier le nombre de tests réalisés sur le territoire" français pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, mardi 24 mars. La veille, l'Organisation mondiale de la santé avait invité les pays touchés à "passer à l'attaque" en testant massivement leurs concitoyens.

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A l'issue d'un nouveau Comité d'analyse, recherche et expertise (Care), qui réunit 12 chercheurs et médecins pour conseiller le gouvernement sur les traitements et les tests contre le coronavirus, Olivier Véran a précisé que la France s'orientait notamment vers des tests à partir de la sérologie, c'est-à-dire une prise de sang.

Un objectif de 20 000 tests par jour la semaine prochaine

En attendant, le nombre de tests réalisés pour dépister le covid-19 est passé à 9 000 par jour, avec pour "objectif" 10 000 à la fin de la semaine et le double la semaine prochaine, a précisé de son côté Jérôme Salomon, le directeur général de la santé. 

Une quinzaine d'organisations de médecins et biologistes médicaux ont dénoncé mardi la pénurie de matériel dédié aux tests, ce qui limite "considérablement", selon elles, les capacités de dépistage du virus en France.

"Les biologistes médicaux se heurtent à une difficulté majeure: le manque de réactifs (composants qui permettent de révéler le virus)", ont assuré dans un communiqué commun ces organisations, parmi lesquelles la FMF (Fédération des médecins de France), l'Isni (internes de médecine) ou le SML (médecins libéraux).

Un manque d'"écouvillons"

"Certains laboratoires qui avaient mis en place leur technique de dépistage il y a plusieurs jours sont contraints d'arrêter la réalisation de ces tests par manque de consommables", ajoute le communiqué, qui dénonce une anomalie par rapport à nos voisins européens.

"Dans le monde, notamment en Corée du Sud et chez les voisins allemands et italiens, ces difficultés n'existent pas. Pourquoi la France est-elle l'un des seuls pays à avoir si peu de matériel?", s'interrogent les organisations médicales.

Les signataires pointent également le manque d'"écouvillons", sorte de bâtonnets utilisés pour effectuer les prélèvements. "Certains laboratoires privés comme publics sont obligés de développer des astuces artisanales pour démultiplier les possibilités d'écouvillonnage", déplorent-ils.

Une situation qui "met en péril la santé des Français", alors que "de plus en plus de scientifiques et de publications démontrent l'intérêt d'un dépistage massif de la population dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus", ajoutent-ils.

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