Coronavirus : les prisons du sud de la France "sont véritablement au bord de l'implosion" alerte une avocate

Maître Khadija Aoudia représente 31 détenus qui ont porté plainte contre l'État. Ils dénoncent le manque de mesures pour limiter les contaminations au Covid-19 dans les prisons. 

Lors des transferts de détenus, les gardiens de l\'administation pénitentiaire ne disposent d\'aucun moyen de protection face au coronavirus, dénonce Maître Khadija Aoudia. 
Lors des transferts de détenus, les gardiens de l'administation pénitentiaire ne disposent d'aucun moyen de protection face au coronavirus, dénonce Maître Khadija Aoudia.  (MARGAUX STIVE / FRANCE-INFO)

La France se confine, mais les prisonniers restent contraints à la promiscuité collective. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet a annoncé, lundi 23 mars, autoriser la libération de 5 000 détenus en fin de peine, alors que les avocats et les magistrats chargés de l'exécution des peines alertent sur la situation. Les prisons du sud de la France "sont véritablement au bord de l'implosion", s'alarme Maître Khadija Aoudia ce jeudi 26 mars sur franceinfo. Elle représente  31 détenus de Nîmes, Montpellier, Tarascon, Perpignan et Luynes Aix-en-Provence, qui ont déposé plainte contre le gouvernement pour "non-assistance à personne en danger", en pleine épidémie de coronavirus.

>> Coronavirus : retrouvez toutes les informations sur notre direct

"L'absence d'information, l'absence de mesures concrètes du gouvernement, créent une espèce de psychose et la plupart de ces établissements sont véritablement au bord de l'implosion", regrette l'avocate au barreau de Nîmes.

Un manque de moyens et d'informations

Les établissements pénitentiaires "n'ont aucune information sur la pandémie et aucune mesure sanitaire n'a été prise par les personnels pénitentiaires. Ni gants, ni  masques, on ne parle même pas de gel hydroalcoolique", dénonce-t-elle.

Khadja Aoudia alerte également sur les risques pris par les fonctionnaires qui emmènent les détenus au tribunal : "Encore hier à titre d'exemple, je plaidais devant la chambre d'instruction, les fonctionnaires de la pénitentiaire sont allés chercher le détenu de Toulouse à Nîmes, sans aucun gant et sans masque, derrière un box à 10 centimètres du détenu. Et ces fonctionnaires-là transitent dans toutes les maisons d'arrêt donc ce sont des vecteurs contaminants potentiellement."

Plusieurs mutineries ont déjà touché les prisons françaises depuis le début de l'épidémie, pour protester contre les mesures de restrictions mises en place pour limiter les risques, comme la suspension des parloirs.