Coronavirus : les Parisiens qui arrivent dans le Morbihan "vont sans doute ramener des cas chez nous", craint un médecin à Crac'h

"Les gens ne semblent pas entendre l’intérêt du confinement", s'étonne Isabelle Ezanno, médecin généraliste à Crac'h dans le Morbihan, l'un des foyers du coronavirus alors que de nombreux Parisiens ont débarqué.

Crac\'h dans le Morbihan (illustration, 2 mars 2020).
Crac'h dans le Morbihan (illustration, 2 mars 2020). (THIERRY CREUX / MAXPPP)

"Ces gens qui arrivent chez nous vont sans doute ramener des cas" estime mercredi 18 mars sur franceinfo Isabelle Ezanno, médecin à Crac’h dans le Morbihan (Bretagne), un des premiers "clusters" de l’épidémie de coronavirus. 132 cas sont confirmés dans ce département. Isabelle Ezanno voit "les maisons de vacances" s’ouvrir "plus tôt que prévu". II s'agit de Parisiens venus se mettre au vert pendant le confinement mais qui peuvent être dangereux pour les habitants déjà confinés depuis quinze jours dans cette zone.

franceinfo : Ça ne paraît pas irrationnel de venir se confiner dans ce qui est un "cluster" ?

Complètement. Alors à la fois, on peut comprendre qu’envisager quinze jours dans une maison de vacances avec un jardin soit plus agréable pour les Parisiens que de rester dans un petit appartement. 

Mais c’est vrai qu’en voyant les images de la gare Montparnasse remplie, on s’interroge sur ce que les gens comprennent de la gravité de la situation alors que nous ça fait déjà quinze jours qu’on est dans cette situation de quasi confinement.Isabelle Ezanno, médecin généraliste à Crac'hà franceinfo

franceinfo : Pour vous, ces Parisiens qui viennent se mettre au vert, c’est irresponsable ?

C’est irresponsable dans la mesure où nous, on est déjà confinés depuis quinze jours pour limiter la diffusion du virus et que les gens qui viennent d’ailleurs et qui n’ont pas été confinés vont sans doute ramener des cas. Ça augmente potentiellement le nombre de cas graves. Donc pour la gestion des hôpitaux, ça les met sous tension aussi.

Vous êtes assez de médecins ?

A l’heure actuelle, on échange beaucoup entre médecins de notre région. Toutes les choses sont mises en place, l’organisation se fait, les choses se passent bien. Nous, on a quinze jours de recul, on commence la troisième semaine de confinement donc les choses se passent bien, on est organisés, on fait de la téléconsultation. Alors, on a du mal à se rendre compte de l’afflux qu’il va y avoir. En tout cas pour le moment on n’a pas de conséquences directes, je pense que ce sera dans les jours qui viennent qu’on va voir arriver les gens et c’est vrai que ça nous interroge surtout sur le fait que les gens ne semblent pas entendre l’intérêt du confinement. Pour nous, c’est vraiment un grand questionnement, quand on voit l’affluence dans les supermarchés, dans les gares, on a l’impression qu’ils ne comprennent pas l’enjeu de ne pas se fréquenter.