Coronavirus : les exportations chinoises se sont effondrées en janvier-février, plombées par l'épidémie

Depuis début janvier et l'épidémie de coronavirus, l'économie chinoise est paralysée. Les exportations comme les importations ont chuté.

Un passant dans un centre commercial vide, le 5 mars 2020 à Pékin (Chine).
Un passant dans un centre commercial vide, le 5 mars 2020 à Pékin (Chine). (AFP)

Un pays au ralenti. La Chine a vu ses exportations chuter de 17,2% sur un an sur les deux mois cumulés de janvier-février, reflet d'une économie paralysée par l'épidémie due au nouveau coronavirus, tandis que ses importations s'affichaient en léger repli. Il s'agit de la plus forte baisse des exportations du géant asiatique depuis février 2019, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, selon les chiffres publiés samedi 7 mars par les douanes chinoises.

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Les vacances du Nouvel An lunaire, qui tombait le 25 janvier, ont été prolongées jusqu'au 10 février pour enrayer l'épidémie, mais la reprise de l'activité est restée ensuite très parcellaire, beaucoup d'usines peinant à redémarrer leur production. Les mesures drastiques maintenues pour contenir la propagation du virus – quarantaines, consignes de confinement, restrictions de circulation – compliquent le retour des ouvriers et bouleversent les chaînes d'approvisionnement, tandis que le transport des marchandises reste très perturbé.

Des importations en recul de 4%

Pour les mêmes raisons, la demande du pays s'en est fortement ressentie. Avec nombre d'usines restées quasi à l'arrêt en février et des consommateurs calfeutrés chez eux, les importations chinoises ont reculé de 4% sur un an sur les deux premiers mois de l'année, selon les douanes. C'est la première fois que les douanes publient des données cumulées pour janvier et février ; aucun chiffre n'a été livré pour le seul mois de février.

Ces statistiques confirment l'ampleur de l'impact économique de l'épidémie. De récents indicateurs, tombés à des niveaux jamais enregistrés jusqu'alors, ont montré l'effondrement de l'activité en février, dans le secteur manufacturier comme dans les services. "Les données montrent que les usines chinoises n'ont toujours pas repris leur production à pleines capacités", avertissait dès vendredi Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.

Les autorités chinoises multiplient les mesures pour encourager la reprise de l'activité (crédits aux petites entreprises, rabais fiscaux, assouplissements réglementaires…), laissant espérer un fort rebond à court terme. Mais l'épidémie s'accélère dans le monde entier, menaçant l'économie des voisins asiatiques de la Chine (Japon, Corée du Sud), et surtout dans l'Union européenne et aux Etats-Unis, les deux premiers partenaires commerciaux du géant asiatique.