Coronavirus : "Les dettes que l'on est en train d'accumuler en ce moment sont absolument considérables", selon l'économiste Elie Cohen

Le directeur de recherche au CNRS s'alarme du poid de la dette sur les finances publiques et de la perte de richesse que subit la France à cause de l'épidémie de coronavirus. 

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Radio France
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Elie Cohen, économiste au CNRS, était l'invité de franceinfo samedi 14 mars 2020. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Elie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS, estime jeudi 23 avril sur franceinfo que la France pourrait perdre en deux ans "un sixième de la richesse nationale produite chaque année". Il prend en compte "une perte de PIB, de richesse nationale, de 8% cette année" à cause de l'épidémie de coronavirus.

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Elie Cohen estime qu'"une deuxième vague épidémique en septembre-octobre" est possible, avec une nouvelle période de confinement. "Ca veut dire pour l'année prochaine en 2021, non seulement pas de reprise économique mais un risque de perte de PIB de 6%".

"Un appauvrissement collectif"

"La richesse qui n'a pas été produite normalement ne peut pas être redistribuée. Elle peut être neutralisée par l'action et l'endettement de l'Etat. Mais il faut retenir qu'il y a une perte collective de richesse et un appauvrissement collectif", explique Elie Cohen.

"Les dettes que l'on est train d'accumuler en ce moment sont absolument considérables", déplore l'économiste. "On s'est battus au cours des 18 derniers mois pour ne pas franchir la barre symbolique d'une dette qui représente 100% de la richesse nationale. Mais là on est passés en un mois de 100% à 115% !", s'alarme Elie Cohen. Ces 15 points de PIB représentent "à la fois la perte de richesse, l'endettement pour combler les pertes actuelles et l'endettement supplémentaire qu'on va contracter pour relancer l'activité en sortie de crise".

La relance peut passer par un meilleur respect de l'environnement d'après Elie Cohen, par "la décarbonation de l'investissement". "On peut faire en sorte que les incitations fiscales" pour relancer le secteur de l'automobile "orientent vers "les véhicules électriques". Il cite aussi le bâtiment où "on peut faire en sorte de cibler les aides" notamment pour "une meilleure isolation thermique."

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