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Coronavirus : "Les annonces générales sont appropriées" mais "il faut aller plus loin", réclame le Medef

Patrick Martin, président délégué du Medef, suggère par exemple des annulations de charges quand le chiffre d'affaires tombe à zéro.

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Patrick Martin, président délégué du Medef, le 13 mars 2020. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Emmanuel Macron a promis jeudi des mesures d'urgence pour toutes les entreprises touchées de plein fouet par les conséquences du coronavirus. Patrick Martin, président délégué du Medef, a estimé vendredi 13 mars sur franceinfo que le chef de l'État est "à la hauteur de la situation". Il juge "appropriées" les annonces faites par Emmanuel Macron notamment le report des charges et le recours accru au chômage partiel même s'il "pense qu'il faut aller plus loin", citant "les secteurs très directement et immédiatement sinistrés".

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Le président vous a-t-il rassuré ?

Oui, il est à la hauteur de la situation. Les annonces générales qu'il a faites sont appropriées. Après, il nous appartient, avec le gouvernement qui est très à l'écoute, dès aujourd'hui, de préciser un certain nombre de dispositions pour qu’opérationnellement, ça se mette en oeuvre sans que l'économie soit à l'arrêt, sans que les salariés qui devront rester chez eux soient pénalisés.

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron, comme le report des charges et le recours au chômage partiel, vous apparaissent-elles suffisantes ?

Je pense qu'il faut aller plus loin, mais, à nouveau, le gouvernement est à l'écoute pour les secteurs très directement et immédiatement sinistrés. Je prends un exemple.

Le président du Medef Côte d'Or, qui est dans l'événementiel, a perdu 100% de son carnet de commandes pour le mois de mars et le mois d'avril. Il est évident qu'à ce moment-là, ce n'est pas des reports de charges qu'il faut, ce sont des annulations.

Patrick Martin, président délégué du Medef

à franceinfo

De manière ciblée, de manière vérifiée, mais mises en œuvre très rapidement. Après pour les autres secteurs d'activité, on peut s'en tenir jusqu'à preuve du contraire, à des reports d'échéances.

La fermeture des établissements scolaires est-elle une mauvaise nouvelle pour les entreprises ?

On priorise le sanitaire, bien sûr. Mais c'est vrai que là aussi, il y a des précisions à apporter. Le fait que des salariés doivent garder leurs enfants, ça veut dire qu'ils ne sont plus en poste de travail. Donc, ça a fortement perturbé le fonctionnement des entreprises. Tout le monde ne peut pas être en télétravail. Et puis, il y a un deuxième sujet auquel on aura forcément une réponse. C'est qui prendra en charge financièrement le fait que ces salariés doivent rester chez eux pour garder leurs enfants.

Est-ce que ce virus aura la peau des 3% de déficit ?

Le Medef pense qu'il faut être pragmatique, qu'on est dans l'urgence et qu'on est face à une situation grave. Je pense que à situation exceptionnelle, remède exceptionnel. Ce qu'on peut déplorer, c'est que les finances publiques françaises n'aient pas été redressées comme l'ont été les finances publiques allemandes. Ce n'est pas un propos de circonstance. Les objectifs ne seront pas tenus. On ne connaît pas encore l'impact économique de cette crise grave. Mais évidemment que les déficits vont se creuser en même temps que la croissance va péricliter.

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