Coronavirus : l’épidémie "se dégonfle", confirme le président du syndicat des biologistes

Le confinement et les mesures d’isolement des malades ont "porté leurs fruits", selon François Blanchecotte. Il plaide notamment pour un assouplissement du protocole sanitaire dans les écoles.

Des tests Covid en \"drive\", à Dijon, en mai 2020.
Des tests Covid en "drive", à Dijon, en mai 2020. (STÉPHANIE PERENON / RADIO FRANCE)

L’épidémie de coronavirus "se dégonfle", "on a de moins en moins de cas positifs", a affirmé François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes, mardi 9 juin sur franceinfo. Les taux de contamination n'ont plus de rapport avec ceux enregistrés lors de la période épidémique.

franceinfo : Le ministre de la Santé, Olivier Véran, affirme que la situation "s’améliore de jour en jour". Est-ce un constat que vous partagez ?

François Blanchecotte : Oui, parce que le nombre de cas positifs détectés par exemple, le 5 juin, était de 470 personnes sur toute la France. Il y a quelques semaines, il était du double, donc on voit bien que le virus devient de moins en moins actif, on a moins de cas positifs détectés. On effectue actuellement environ 39 000 tests virologiques par jour en France, c’est-à-dire 262 000 tests par semaine et nous avons des taux de contamination qui sont entre 1 et 2% des personnes testées [contre 20 à 25% en période épidémique].

262 000 tests par semaine, ce n'est pas du tout l'objectif qui avait été fixé par le gouvernement il y a quelques semaines. On parlait alors de 700 000 tests virologiques par semaine. Pourquoi n’en fait-on pas autant ?

Parce qu’iI n'y a pas de contamination, il n'y a pas de nouveaux cas, il y a moins en moins de consultations. On voit bien que les urgences se vident. 700 000 tests, c’était une fourchette haute, c'est ce que j’ai toujours dit. Il fallait qu'on arrive à des taux de contamination extrêmement forts pour arriver à ce genre de chiffres. Le ministère aurait même dû annoncer 1,4 million de tests par semaine au mois de juin. Mais on voit bien que ça se dégonfle, on a de moins en moins de cas positifs, de moins en moins de personnes se présentent dans les centres Covid ou dans les "drives" que nous avons mis en place.

L'Organisation mondiale de la santé assure toutefois que la situation "s'aggrave" dans le monde. Faut-il s’en inquiéter ?

Pas forcément pour notre pays, mais pour les pays qui n'ont pas pris de précautions au départ. Nous, on a pris des mesures drastiques. On a eu une demande très forte de fermer un certain nombre de structures. Beaucoup de pays ne l’ont pas fait en temps et en heure. On voit bien que ceux qui ont commencé à le faire ont eu des résultats extrêmement importants. Le déconfinement aujourd'hui doit se faire avec prudence, mais on voit que ça a porté ses fruits et que nous avons aujourd'hui de moins en moins de cas positifs qui s'annoncent dans nos régions.

Dans ce contexte, pensez-vous que le protocole sanitaire, qui est toujours en cours notamment dans les écoles, doit être maintenu ?

Non. On l'a vu, il y a des études qui prouvent que les enfants ne sont pas des contaminants forts. Donc je pense qu'il faut quand même arriver à ce que l'école reprenne. On a besoin de ça d'ailleurs pour notre économie, pour que les parents aussi puissent retourner au travail. Il faut protéger les gens fragiles. Il faut prendre des précautions, certainement.

Mais globalement, il faut quand même arriver à trouver les moyens du déconfinement. Les examens de biologie, les tests sérologiques sont là. On a un outil de surveillance extraordinaire aujourd'hui, puisqu'on a connecté quasiment 100% des laboratoires. Donc, cela veut dire que l'État connaît en temps réel le nombre de cas positifs par jour qui se déclarent dans nos laboratoires, qu'ils soient privés ou publics.