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Coronavirus : "Le remboursement (des billets d'avion) se fera plutôt à la fin de l'année"

"Nous avons proposé des avoirs [...] On est dans une situation où le secteur se bat pour sa survie", assure l'Association internationale du transport aérien.

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Radio France
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Alexandre de Juniac, président-directeur général de l'Association internationale du transport aérien, lors d'u metting du secteur, le 4 juin 2018 à Sydney en Australie. (PETER PARKS / AFP)

La crise du coronavirus a de lourdes conséquences sur le plan économique. Dans le secteur aérien, l’organisation regroupant toutes les compagnies aériennes a indiqué qu'il allait être compliqué pour les compagnies aériennes de rembourser les clients ou alors pas avant la fin de l'année, a expliqué mercredi 8 avril sur franceinfo Alexandre de Juniac, président-directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA).

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Les clients des compagnies aériennes vont-ils être remboursés ?

Alexandre de Juniac : Comme nous sommes dans une situation absolument catastrophique et que nous sommes très à court de trésorerie, nous avons proposé des avoirs. Nous allons consommer 61 milliards de dollars de trésorerie dans le deuxième trimestre 2020.

Le volume des billets d'avions que nous avons vendus, mais qui n'ont pas été utilisés parce que nous avons dû annuler les vols, est de l'ordre de 35 milliards de dollars.

Alexandre de Juniac, président-directeur général de l'Association internationale du transport aérien

à franceinfo

On est dans une situation où le secteur se bat pour sa survie. Un des éléments de sa survie est d'essayer de ne pas dépenser trop d'argent puisque nous avons zéro revenu. On a quand même des coûts à couvrir. Si on continue à dépenser comme ça la moitié des compagnies aériennes auront disparu en juin.

Certaines personnes peuvent avoir besoin de cet argent rapidement. Que leur dites-vous ?

On est conscients de ça. On le fait parce que c'est une condition de survie. On ne propose pas un avoir par plaisir ou pour pénaliser le client. On va aussi proposer, notamment à l'Union européenne, le choix d'un avoir ou d'un remboursement, mais ce remboursement se ferait plutôt à la fin de l'année.

Est-ce au client de payer le manque de trésorerie ?

Ce n'est ni au client, ni à personne. Nous en appelons à la bonne volonté de tout le monde pour nous aider. La réalité c'est que nous nous battons pour notre survie et aussi pour le bien-être du passager, qu'il puisse continuer à voler avec des prix plutôt bas, sur différentes compagnies et un avec une offre riche.

Est-ce légal de proposer un avoir ?

La réglementation européenne impose que l'on rembourse dans les sept jours. Nous avons demandé aux institutions européennes d'assouplir cette réglementation et de nous permettre de rembourser plus tard. Pour le moment ça n'a pas été accepté. D'autres pays ont accepté, comme le Canada et la Colombie. On est bien conscient de l'effort qu'on demande aux passagers.

Est-ce que des emplois sont en danger ?

Le trafic en Europe a diminué de 90%. On est dans une crise sans précédent. Selon les estimations on va perdre 40% de chiffre d'affaires, c'est-à-dire 250 milliards de dollars en 2020 par rapport à 2019. Le nombre d'emplois mis en danger par le coronavirus du fait de son impact sur les transports aériens est de 25 millions dans le monde. C'est gigantesque. Ce sont des emplois directs et indirects.

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