Coronavirus : le rapatriement des Français bloqués à l’étranger "est un travail politique et logistique"

"Parfois les frontières et les aéroports civils sont fermés", explique sur franceinfo Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères.

Jean-Baptiste Lemoyne, invité de franceinfo lundi 27 janvier 2020.
Jean-Baptiste Lemoyne, invité de franceinfo lundi 27 janvier 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Rapatrier des dizaines de milliers de Français encore bloqués à l’étranger et souhaitant rentrer en France, "c’est un travail à la fois politique et logistique", explique mercredi 25 mars sur franceinfo Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. "Il faut trouver des solutions", explique-t-il, car "parfois les frontières et les aéroports civils sont fermés". Il évoque aussi le lancement d'un site web, sosuntoit.fr, qui permet à des Français vivant à l'étranger de proposer des places d'hébergement à ceux qui sont encore bloqués dans leur pays.

Franceinfo : Est-ce qu'il y a encore, comme l’évoquait mardi le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, 50 000 Français qui sont bloqués à l’étranger ?

Jean-Baptiste Lemoyne : Un peu moins, naturellement, puisque chaque jour, des dizaines de vols additionnels se font. Nous allons faire le point avec Jean-Yves Le Drian et Jean-Baptiste Djebbari. Mais par rapport aux 130 000 qui étaient effectivement bloqués vendredi dernier, 80 000 hier soir ont d'ores et déjà pu revenir.

Nous travaillons en coordination avec le ministère des Transports, avec la compagnie Air France, pour pouvoir recenser les besoins. C'est un travail qui se fait quotidiennement avec nos ambassades et consulats.Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangèresà franceinfo

Ensuite, en fonction de ses besoins recensés, on travaille avec la compagnie nationale, mais également avec d'autres compagnies, comme Qatar Airways par exemple, pour mettre en place des plans de vols et pour desservir les endroits où ces Français sont encore bloqués.

Y a-t-il une bonne coopération avec les autres pays ?

C'est là, avec Jean-Yves Le Drian, que nous nous devons agir et nous sommes en contact chaque jour avec nos homologues, ministres, secrétaires d'État aux Affaires étrangères, pour pouvoir parfois permettre l'atterrissage d'avions vides pour emmener nos compatriotes, car parfois les frontières sont fermées, les aéroports civils sont parfois fermés. Il faut trouver des solutions comme les aéroports militaires ou autres. Il faut permettre le regroupement de nos compatriotes qui sont parfois dans des coins éloignés du pays pour les rapprocher et ensuite procéder au retour de l'ensemble. Donc, c'est un travail à la fois politique avec les autorités des autres pays et c'est également un travail logistique. De plus en plus, on est aussi face à des situations complexes par rapport à des pays qui peuvent être isolés ou lointains.

Sans faire de généralisations, vous reconnaissez qu'il y a un problème de stigmatisation des Français dans certaines villes, dans certaines régions, dans certains pays ?

Il peut y avoir des parfois un sentiment de crainte sécuritaire. Effectivement, les Occidentaux sont perçus comme étant un foyer, aujourd'hui, du Covid-19. Mais les Allemands, les Espagnols peuvent être soumis aux mêmes difficultés. Et d'ailleurs, nous travaillons ensemble pour mettre en place ces avions au niveau européen. Par exemple, nous allons opérer un avion avec les Allemands pour le Salvador, un autre avec l'Espagne pour le Honduras. Donc tout cela se fait en bonne intelligence.

Les Français ne sont pas à plus mauvaise enseigne que d'autres Européens. Mais il est vrai que le Covid-19 crée des tensions sur le terrain et parfois, des Français se retrouvent mis à la porte d'hôtels.Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangèresà franceinfo

C'est pourquoi j'ai souhaité qu'on puisse mettre en place une application, sosuntoit.fr, qui permet à des Français résidant hors de France de proposer des hébergements aux touristes français qui sont bloqués. En quelques jours, il y a eu un bel élan de générosité. On est à plus de 5 500 places d'hébergement proposées par des Français.