Coronavirus : le Parlement adopte définitivement le budget rectifié

Ce nouveau projet de budget 2020 contient un plan d'urgence de 110 milliards d'euros pour faire face à la crise liée au Covid-19.

L\'hémicycle de l\'Assemblée nationale pendant l\'épidémie de coronavirus, le 21 avril 2020.
L'hémicycle de l'Assemblée nationale pendant l'épidémie de coronavirus, le 21 avril 2020. (JACQUES WITT / AFP)

Un ultime vote du Sénat après celui de l'Assemblée nationale. Le Parlement a adopté définitivement, jeudi 23 avril, le nouveau budget de crise face au coronavirus et son plan d'urgence de 110 milliards d'euros. Le Sénat, dominé par l'opposition de droite, a voté le texte par 317 voix pour et 15 contre. Seul, le groupe CRCE à majorité communiste a voté contre. A l'Assemblée, les communistes et les insoumis se sont également prononcés contre.

Ce deuxième projet de budget 2020 rectifié, après celui de fin mars, porte à 110 milliards d'euros le "plan d'urgence" annoncé par le gouvernement "pour répondre à l'ampleur de la crise (...) et ses conséquences économiques et sociales", selon le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt. Il table sur un recul de 8% du PIB en 2020, un déficit public d'environ 9,1% du PIB et une dette à 115% du PIB.

Une aide aux ménages les plus modestes

Ce budget porte à 24 milliards d'euros les crédits destinés au chômage partiel et prévoit 20 milliards d'euros pour recapitaliser des entreprises stratégiques en difficulté, comme Air France. Il intègre aussi une aide aux ménages les plus modestes (allocataires des minimas sociaux) de 150 euros, plus 100 euros par enfant.

Le rapporteur général du budget au Sénat, Albéric de Montgolfier (LR), s'est félicité que ce texte, qualifié de "bouée de sauvetage pour les entreprises", reprenne "beaucoup d'amendements essentiels du Sénat", comme la majoration du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires effectuées par les salariés pendant l'état d'urgence sanitaire. Concernant "la mobilisation des assureurs", le Sénat fait "confiance" aux négociations engagées par le gouvernement, mais le rapporteur a prévenu qu'il était prêt à adopter "des dispositifs plus contraignants" en cas d'échec.

L'opposition dénonce des "manques criants"

La majorité sénatoriale a aussi à nouveau demandé des annulations de charges pour les entreprises, plutôt que des reports, comme l'a fait le président de la commission des Finances de l'Assemblée Eric Woerth (LR), qui estime que ce budget de crise prévoit "un déficit absolument gigantesque mais nécessaire".

A gauche, le PS a voté le texte parce qu'"il faut agir vite pour sauver des emplois", mais a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un "blanc-seing" au gouvernement. Fustigeant les "manques criants de ce texte", Pascal Savoldelli (CRCE) a reproché au gouvernement de "vouloir mettre le couvercle sur le débat contradictoire" au nom de l'urgence.