Coronavirus : "Le déconfinement se déroule dans des conditions hasardeuses", réagit Jean-Luc Mélenchon

Pour le chef de file des députés insoumis, les "conditions de base ne sont pas réunies" pour un déconfinement en toute sécurité. Il prévoit un deuxième pic de contaminations.

Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise à l\'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 dans l\'hémicycle.
Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 dans l'hémicycle. (DAVID NIVIERE / AFP)

"Le déconfinement se déroule dans des conditions hasardeuses", a estimé le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, jeudi 7 mai sur franceinfo, à quatre jours du déconfinement prévu le 11 mai. Pour le député des Bouches-du-Rhône, "il faut attendre que toutes les conditions de base soient réunies, des masques gratuits pour tout le monde, la capacité de tester tout le monde." Et se demande : "Tant qu'elles ne sont pas réunies, nous sommes en danger. Pourquoi ne le fait-on pas en France ?"

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Jean-Luc Mélenchon prévoit une dégradation de la situation sanitaire à partir du 11 mai. "C'est une certitude quasi totale, à la fois parce le prix des consultations médicales pour faire les tests est à 55 euros. Cela veut dire qu'il y a des familles entières qui n'iront pas parce que représente une somme excessive et les masques sont à un tarif qui n'est pas acceptable non plus. Et puis, nous devrions avoir des masques gratuits", explique le député LFI. "Les dispositions ne sont pas réunies."

Ce n'est pas parce qu'il y a des cartes en rouge, en vert, en orange, que le virus est mieux maîtrisé qu'il ne l'était auparavant.Jean-Luc Mélenchonà franceinfo

Le chef de file de La France insoumise se défend d’être un "oiseau de malheur" parce qu’il prévoit un deuxième pic. "Je m'en tiens à ce qui est connu dans les épidémies traditionnelles, explique l'élu. Je pense que je fais mon devoir. Je ne déborde pas du cadre parce que je ne suis pas un médecin. Je ne suis pas un spécialiste des questions, mais en tant que responsable politique, c'est mon devoir d'indiquer quelles pourraient être les méthodes les plus efficaces pour lutter contre l'épidémie."

"La roulette russe"

Pour Jean-Luc Mélenchon, le gouvernement se trompe et notamment sur la question des transports. La SNCF prévoit d’ouvrir à la réservation uniquement 50% des places. "Est-ce que ces 50 correspondent au nombre de gens qui sont rappelés au travail ?", se demande-t-il. "Vous n'en savez rien. Moi non plus. Et donc, nous risquons lundi de voir des cohues de gens qui se pressent dans les transports en commun parce qu'ils n'ont pas d'autres transports et donc la maladie va se propager. C’est ça que j'appelle la roulette russe", ajoute-t-il.

Il juge aussi l'ouverture des écoles trop risquée. "On ouvre les écoles quand on est sûr à 100 % de la sécurité pour les enfants, ce n'est pas le cas", affirme-t-il. "Le confinement se déroule dans des conditions hasardeuses", estime le chef de file des députés insoumis.

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas faire de "procès personnel" aux membres du gouvernement : "Je suis persuadé que chacun d'entre eux agit en pensant faire pour le mieux. Je pense qu'ils se trompent sur la boîte à outils qu'ils utilisent. Ils sont persuadés qu'il en va de la santé comme du marché d'une façon générale, et que les choses vont finir par se stabiliser d'elle-même. Je ne crois pas ça".