Coronavirus : la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai inquiète les syndicats d'enseignants

Les syndicats estiment que le gouvernement ne donne pas suffisamment de garanties pour la santé des enseignants, après les annonces faites par Emmanuel Macron lundi soir.

Un collège désert, le 24 mars 2020 à Ploemeur (Morbihan).
Un collège désert, le 24 mars 2020 à Ploemeur (Morbihan). (MANON CAVERIB?RE / HANS LUCAS / AFP)

Les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront "progressivement" à partir du 11 mai, a annoncé lundi 13 avril le président de la République, Emmanuel Macron. Mais cette déclaration a suscité l'inquiétude des syndicats enseignants, qui soulignent le "grand flou" des conditions de reprise. Depuis le 16 mars, en raison de l'épidémie de coronavirus, quelque 12,5 millions d'élèves et 2,6 millions d'étudiants suivent les cours à distance en raison de la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités.

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"Trop d'enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d'école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents, c'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes", a expliqué le chef de l'Etat. Il a fait valoir que "le gouvernement aura[it] à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l'espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire".

"Il faudrait être sûr que l'épidémie soit derrière nous"

Chez les syndicats enseignants, les déclarations d'Emmanuel Macron inquiètent. "Il est difficile aujourd'hui de savoir si, le 11 mai, nous serons prêts à reprendre le chemin de l'école, quand on sait que les écoles sont des hauts lieux de transmission", a réagi sur franceinfo Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. Il faudra évidemment travailler à un aménagement, travailler à comment on va reprendre le chemin de l'école, et est-ce que le 11 mai, nous serons prêts ? Cela nous paraît difficile d'anticiper aujourd'hui sur ce que sera le 11 mai. Les cinémas et les restaurants seraient fermés alors pourquoi les écoles seraient elles ouvertes ?"

"Il faudrait vraiment être sûr que l'épidémie soit derrière nous. Il ne faudrait pas que l'école, les personnels de l'école fassent les frais d'une organisation qui n'a pas été pensée en termes de tests, en termes de confinement liés à cela. On va être très prudent sur la manière de mettre en place les choses" a ajouté Francette Popineau.

"Le plan de rentrée paraît encore flou"

Même constat pour Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, première fédération syndicale de l'éducation : "Le plan de rentrée paraît encore flou", a-t-il déclaré sur RTL. "Emmanuel Macron dit que toutes les conditions sanitaires seront réunies mais on a un grand nombre d'inquiétudes, on sait que le virus circule parmi les élèves". "Reprendre normalement ne sera pas possible, donc qu'est-ce qui va être proposé en termes d'aménagement ? Est-ce qu'on va prendre des demi-classes ? On ne va pas pouvoir reprendre des classes à 35", a prévenu Benoît Teste.

Au syndicat SE-Unsa, "ce qui ressort de cette annonce c'est" aussi "de l'inquiétude", selon son secrétaire général, Stéphane Crochet, interrogé par l'AFP. "On nous parle de retour progressif, qu'est-ce que ça signifie clairement ? Et c'est le plus grand flou sur les conditions sanitaires dans lesquelles les enseignants reviennent", a-t-il dit, ajoutant qu'ils "ne pourront pas reprendre comme si de rien n'était le 11 mai". "Tout le monde a entendu les inquiétudes de rebond du virus dans les semaines à venir, les enseignants ne veulent pas être les victimes de ce rebond en étant en première ligne avec des enfants toute la journée qui peuvent être porteurs", a insisté Stéphane Crochet, qui attend du ministère des éclaircissements.