Coronavirus : la France doit s'attendre à une "épreuve" si rien ne change, prévient le président de l'Ordre des médecins

"Si rien ne change, dans trois à quatre semaines, la France va devoir affronter, pendant plusieurs longs mois d'automne et d'hiver, une épidémie généralisée sur tout son territoire", alerte dans le "JDD" Patrick Bouet. 

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France Télévisions
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Patrick Bouet, président du Conseil National de l'Ordre des Médecins, le 26 janvier 2015, à Paris. (GARO / PHANIE)

Avertissement. La France devra affronter, "si rien ne change", une "épidémie généralisée" pendant de longs mois, avec un système de santé "incapable de répondre à toutes les sollicitations", a prévenu Patrick Bouet, président du conseil national de l'Ordre des médecins, dans un entretien au JDD, publié dimanche 27 septembre.

La deuxième vague arrive plus vite que nous le redoutions.

Patrick Bouet, président du conseil national de l'Ordre des médecins

au "JDD"

Patrick Bouet s'inquiète de la recrudescence de cas de contamination au coronavirus dans l'Hexagone. "Mercredi, [le ministre de la Santé] Olivier Véran a choisi un langage de vérité mais il n'est pas encore allé assez loin. Il n'a pas dit que, si rien ne change, dans trois à quatre semaines, la France va devoir affronter, pendant plusieurs longs mois d'automne et d'hiver, une épidémie généralisée sur tout son territoire", a-t-il ajouté.

"Le bilan de la première période n'a pas été fait"

Le pays n'aura pas de "base arrière dans laquelle puiser des renforts humains, avec un système de santé incapable de répondre à toutes les sollicitations", a encore dit ce médecin généraliste. "Ce qui nous attend est une épreuve. Mais les professionnels de santé, à l'origine du miracle du printemps, ne pourront pas pallier à nouveau les carences structurelles. Beaucoup sont épuisés, traumatisés", a-t-il mis en garde.

Il a regretté que "le bilan de la première période n'ait pas été fait, pour mieux préparer à celle-ci". Il aurait fallu, pendant l'accalmie, "mettre en œuvre un processus de retour d'expérience" en organisant "des réunions au ministère de la Santé avec tous les acteurs de la crise". "Il était clair que les gens allaient se relâcher pendant les vacances et que les contaminations estivales des littoraux nourriraient les Covid urbains de septembre."

Il a ainsi mis en cause la "technostructure du ministère de la Santé". Selon lui, il est "urgent de créer un 'comité de pratique', une sorte de pendant au conseil scientifique centré sur l'organisation, la logistique, le concret, et de le doter d'une déclinaison au niveau de chaque département". "Faute de quoi, c'est le Samu, et donc l'hôpital, qui devra à nouveau tout gérer, avec à la clé le même embouteillage qu'au printemps au 15", estime-t-il.

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