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Coronavirus : la France dégage 1,2 milliard d'euros pour aider l'Afrique à faire face à l'épidémie, annonce le directeur général de l'AFD

L'Agence française du développement dégage 1,2 milliard d'euros pour aider les pays africains à faire face à l'épidémie de Covid-19, a expliqué sur franceinfo Rémy Rioux, directeur général de l’AFD.

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(LUDOVIC MARIN / AFP)

L'Agence française du développement (AFD), l'établissement public qui met en œuvre la politique de la France en matière de financement et de solidarité internationale, dégage une enveloppe d'1,2 milliard d'euros à dépenser d'ici à l'été pour aider les pays africains à faire face à l'épidémie de Covid-19.

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Cette opération est appelée "Covid-19 - Santé en commun". Une petite partie de la somme vient du budget de l'Etat français, mais plus d'un milliard d'euros est emprunté sur les marchés financiers. "Les investisseurs nous ont confié leur financement, on va s'en servir pour le prêter aux pays pauvres au sud", souligne lundi 13 avril sur franceinfo Rémy Rioux, directeur général de l'AFD.

Rémy Rioux explique qu'en Afrique "le coût humain peut être élevé et les pertes économiques importantes. On parle de la première récession en Afrique depuis 25 ans". La France dégage donc une "première enveloppe d'1,2 milliard à dépenser d'ici à l'été avec des procédures spéciales. On veut renforcer la recherche, la surveillance épidémiologique parce qu'on ne sait pas très bien ce qui se passe en Afrique. On veut bien sûr financer des plans d'actions des gouvernements par les ONG, par les banques publiques. Et puis, on veut apporter de l'argent simplement pour dépasser le coût de la santé."

Eviter des clusters internationaux

Cette aide française s'inscrit "dans un effort européen qui a été annoncé et c'est complémentaire de tout ce que font les autres acteurs internationaux." Interrogé sur les éventuelles critiques qui pourraient émerger quant à l'intérêt d'aider les pays africains plutôt que de garder cet argent pour la France, Rémy Rioux répond que "c'est une seule et même crise que nous vivons et elle touche le monde entier. Alors, évidemment, la réponse elle est d'abord nationale (…) mais il faut qu'il y ait une deuxième étape de coopération internationale, je crois qu'elle est en train de s'ouvrir maintenant, pour éviter qu'il y ait des clusters internationaux où la maladie pourrait repartir."

Le directeur général de l'AFD se dit par ailleurs favorable à l'effacement de la dette des pays du sud, telle que proposée par le pape ce dimanche de Pâques. "Probablement pas une annulation, mais plutôt une suspension des remboursements peut être l'un des moyens (…) Le président Macron, le ministre Bruno Le Maire y travaillent, il y a une réunion du G20 très importante cette semaine. J'espère qu'on arrivera à une solution."

(LUDOVIC MARIN / AFP)