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Coronavirus : "La contagiosité est probablement moins importante chez les personnes asymptomatiques", selon le professeur Olivier Schwartz

Environ "50% des transmissions se font par des personnes présymptomatiques, qui n'ont pas encore développé de symptômes", explique sur franceinfo le directeur de l'unité virus et immunité de l’Institut Pasteur.

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Radio France
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Une femme portant un masque dans le centre-ville de Nantes, le 24 août 2020. (LOIC VENANCE / AFP)

"La contagiosité est probablement moins importante chez les personnes asymptomatiques que chez les personnes symptomatiques", explique mercredi 26 août sur franceinfo le professeur Olivier Schwartz, directeur de l'unité virus et immunité de l’Institut Pasteur. Il réagit également à la découverte de trois cas de réinfection au coronavirus, aux Pays-Bas, en Belgique et à Hong Kong. "Apparemment, il n'y a pas eu d'infections graves au cours de cette réinfection", explique-t-il. "Quand la personne est à nouveau en contact avec le virus, il n'y a pas eu d'immunité dite stérilisante."

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franceinfo : L'immunité au coronavirus est-elle garantie une fois qu'on a été infecté ?

Olivier Schwartz : Il y a trois cas récents qui ont eu une première infection mais n'ont pas développé une forme très grave de la maladie, et qui, quelques mois après, ont pu être réinfectés. Ce qui est intéressant de retenir, c'est qu'apparemment il n'y a pas eu d'infections graves au cours de cette réinfection. Donc le système immunitaire a probablement réagi. Maintenant, on a un recul de trois à cinq mois avec la première infection et on a pu voir qu'il y a une diminution de cette concentration d'anticorps et de leur activité neutralisante. Et ensuite, le système immunitaire se désactive, c'est de l'immunologie classique. Et quand le virus réapparaît, quand la personne est à nouveau en contact avec le virus, il n'y a pas eu d'immunité dite stérilisante, c'est-à-dire que le système immunitaire n'a pas bloqué la réinfection. En revanche, le système immunitaire est fait de telle façon qu'il a une mémoire, il réagit beaucoup plus rapidement si le virus se présente une seconde fois, c'est le principe même de vaccination. Et c'est probablement ce qui s'est passé dans ces deux ou trois cas. Il a réagi très rapidement, la charge virale a probablement été faible, suffisante pour être détectée dans un prélèvement de routine, mais il n'y a pas eu de formes graves. Il faut cependant rester prudent et ne pas tirer de conclusions sur ces deux ou trois cas. Mais il y en aura certainement d'autres.

Est-ce que l'on sait aujourd'hui si les personnes asymptomatiques sont moins susceptibles de transmettre le virus que les personnes avec des symptômes importants ?

C'est une question très importante, il est difficile d'y répondre précisément. On sait que peut-être entre 25, 50 ou 60% des personnes qui sont infectées vont rester asymptomatiques. L'infection va être limitée et ne va probablement pas se propager aux poumons, elle peut rester localement au niveau de l'appareil respiratoire ou du nez. Chez ces personnes, la charge virale est probablement plus faible que chez des personnes qui développent des symptômes et ils sont donc probablement moins capables de transmettre l'infection.

Ça ne veut pas dire qu'ils ne la transmettent pas, mais la contagiosité est probablement moins importante chez les personnes asymptomatiques que chez les personnes symptomatiques. 

Olivier Schwartz

à franceinfo

Il faut savoir également qu'il y a une catégorie de personnes dites présymptomatiques. Ce sont des personnes qui n'ont pas encore développé de symptômes, qui ont été infectées, mais qui peuvent transmettre le virus. On estime qu'environ 50% des transmissions se font par des personnes présymptomatiques, qui n'ont pas encore développé de symptômes.

On a désormais la certitude que le virus n'est pas saisonnier ?

C'est une question très importante puisque les autres coronavirus, les cousins de ce SARS-coronavirus-2 sont plus saisonniers. Ils provoquent des rhumes, juste au niveau de l'appareil respiratoire haut, et c'est comme le virus de la grippe saisonnier, il se propage plus rapidement quand il fait froid. Là pour ce coronavirus-2, effectivement, on sait qu'il continue à se propager. Peut-être que la forte température, la chaleur, les conditions d'humidité ont quand même ralenti sa propagation. Donc il y a peut-être un certain caractère saisonnier, mais cela n'a pas aboli complètement la multiplication du virus. Donc ce n'est pas un virus pour l'instant complètement saisonnier. Ça dépend également de l'immunité de la population globale. S'il y a beaucoup d'individus qui sont sensibles dans une population, le caractère saisonnier va être moins évident, moins apparent.

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