Coronavirus : la Banque centrale européenne débloque une enveloppe de 750 milliards d'euros

Les mesures de confinement décidées en Europe pour lutter contre le coronavirus provoquent une réaction au bazooka de la Banque centrale européenne et un appel à la "solidarité financière" par Emmanuel Macron.

Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne) le 12 mars 2020.
Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne) le 12 mars 2020. (DANIEL ROLAND / AFP)

La Banque centrale européenne (BCE) sort la grosse artillerie. Elle a débloqué, mercredi 18 mars, un plan d'"urgence" de 750 milliards d'euros, destinés à des rachats de dette publique et privée, pour tenter de contenir les répercussions sur l'économie de la pandémie de coronavirus.

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"Les temps extraordinaires nécessitent une action extraordinaire", a tweeté, en anglais, la présidente de l'institution basée à Francfort, Christine Lagarde. Elle promet qu'il "n'y a pas de limites à notre engagement envers l'euro", suggérant que d'autres mesures sont encore susceptibles de suivre, et ce, quitte à utiliser "le plein potentiel de nos outils".

Le "programme de rachat d'urgence face à la pandémie" via des rachats de dette publique et privée pour 750 milliards d'euros sera réalisé d'ici à la fin de l'année, a précisé l'institution dans un communiqué. Les gardiens de l'euro mettront fin au programme lorsqu'il sera jugé que "la phase de crise du coronavirus Covid-19 est terminée, mais en tout cas pas avant la fin de l'année", précise la BCE.

Effet positif immédiat sur les marchés

En Australie, la Banque centrale a abaissé son taux à son plus bas historique (0,25%) et promis d'acheter de la dette publique. Cette pluie de milliards a eu un effet positif sur les marchés financiers : la Bourse de Tokyo a démarré jeudi sur les chapeaux de roue, avec une hausse de 2%. Et les prix du pétrole en Asie ont nettement grimpé.

En rachetant ainsi massivement de la dette des Etats et d'entreprises de la zone euro sur les marchés, la BCE espère soulager les banques et les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et aux entreprises, et ainsi à soutenir la production et l'emploi. Emmanuel Macron, qui avait estimé il y a six jours que le premier train de mesures de la BCE n'allait pas assez loin, a exprimé, dans la nuit de mercredi à jeudi, son "plein soutien aux mesures exceptionnelles" de l'institution monétaire.

"A nous, Etats européens, d'être au rendez-vous par nos interventions budgétaires et une plus grande solidarité financière au sein de la zone euro", a-t-il ajouté.