Coronavirus : l'Unédic anticipe 630 000 demandeurs d'emploi supplémentaires fin 2020

En 2020, les dépenses de l'organisation, qui gère l'assurance-chômage, pourraient donc progresser de 17,7 milliards d'euros tandis que ses recettes, issues des cotisations sociales, seraient, elles, en baisse de 16% par rapport à 2019.

Le siège de l\'Unédic à Paris, le 26 juin 2019.
Le siège de l'Unédic à Paris, le 26 juin 2019. (VINCENT LOISON / SIPA)

L'Unédic, qui gère le régime d'assurance-chômage, anticipe la destruction de 900 000 emplois fin 2020 par rapport au 4e trimestre 2019, ce qui entraînerait l'indemnisation de 630 000 demandeurs d'emploi supplémentaires, a-t-elle indiqué jeudi 18 juin dans un communiqué.

Selon ses prévisions tenant compte du contexte économique marqué par la crise du Covid-19, l'Unédic enregistrera un déficit de 25,7 milliards d'euros à la fin 2020, d'une "ampleur inédite" et une dette de 63,1 milliards. Celle-ci est liée pour moitié au financement du dispositif de chômage partiel.

L'Unédic finance le tiers du dispositif d'activité partielle, le reste étant financé par l'Etat. La dette avait déjà grimpé de 36,8 milliards fin décembre 2019 à 42,6 milliards au 23 avril, en raison du recours massif au chômage partiel depuis le confinement à la mi-mars. Depuis cette date, le solde de l'assurance-chômage s'est dégradé de 11,5 milliards d'euros.

Une situation "catastrophique"

En 2020, les dépenses d'assurance-chômage pourraient progresser de 17,7 milliards d'euros et "avoisineraient 59 milliards", une hausse de 43% par rapport à 2019. Les recettes, issues des cotisations sociales, seraient, elles, en baisse de 16% par rapport à 2019, à 33 milliards d'euros.

Devant la perspective de 900 000 emplois détruits à la fin de l'année, la CGT a jugé ces prévisions "catastrophiques". "Un double risque se profile : l'aggravation du chômage et le chantage à la dette pour faire baisser les droits sociaux", craint le syndicat.

A noter que le premier trimestre 2020 avait vu la destruction de 497 400 emplois dans le privé, soit une baisse de 2,5% provoquée par un effondrement de 40% de l'intérim, du fait du confinement, selon les chiffres de l'Insee.