Coronavirus : l'OCDE prévoit la pire récession en temps de paix en 2020 et "des conséquences extrêmes et durables"

L'Organisation pour la coopération et le développement économiques indique que le PIB mondial devrait se contracter d'au moins 6% cette année.

Le centre commercial Bercy 2 fermé à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), le 29 avril 2020.
Le centre commercial Bercy 2 fermé à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), le 29 avril 2020. (DEROUBAIX JEAN-FRANCOIS / HEMIS / AFP)

L'économie mondiale va subir cette année sa pire contraction en temps de paix sur les cent dernières années. Ce sont les sombres perspectives économiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiées mercredi 10 juin. Actualisant ses prévisions pour prendre en compte les effets de la pandémie de coronavirus, l'OCDE prévoit une récession mondiale de 6% pour 2020 si la pandémie de Covid-19 "reste sous contrôle" et de 7,6% en cas de deuxième vague. Pour 2021, l'OCDE anticipe un fort rebond, avec une croissance mondiale de 5,2%. Rebond qui serait toutefois limité à 2,8% en cas de deuxième vague.

En France, la contraction du produit intérieur brut (PIB) va se situer entre 11,4 % et 14,1 % en 2020, précise Le Monde. Il s'agit de la contraction la plus importante au monde, dans les mêmes proportions qu'en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni. Les "avantages comparatifs" de l'économie française "se situent dans des secteurs parmi les plus touchés par la crise comme le transport aérien, le tourisme ou même le luxe, explique Daniel Cohen, directeur du département d'économie de l'Ecole normale supérieure dans les colonnes du quotidien. Et l'Hexagone n'a pas eu d'autre solution que le confinement massif, contrairement à l'Allemagne qui s'était préparée plus tôt à la pandémie."

Les Etats incités à s'endetter pour soutenir les travailleurs

La zone euro s'oriente elle vers une contraction de 9,1% cette année, suivie d'une reprise de 6,5% l'année prochaine. Dans le scénario d'une deuxième vague, le recul serait là aussi plus marqué (-11,5%) et la reprise plus modeste en 2021 (+3,5%). Du côté des Etats-Unis, première puissance économique mondiale, la contraction du PIB sera de 7,3% cette année, avant un rebond de 4,1% l'année prochaine. Dans l'éventualité d'une seconde vague, la récession serait de 8,5% cette année, et le PIB américain ne regagnerait que 1,9% en 2021.

"D'ici la fin 2021, les pertes de revenus excéderont celles enregistrées au cours de toutes les récessions précédentes des 100 dernières années, à l'exception des périodes de guerre, avec des conséquences extrêmes et durables pour les populations, les entreprises et les gouvernements", souligne Laurence Boone, l'économiste en chef de l'OCDE, dans une introduction à ces prévisions actualisées.

Elle exhorte les gouvernements à ne pas craindre de recourir à l'endettement pour financer des mécanismes de soutien aux travailleurs les moins rémunérés et aux investissements, expliquant que les réponses apportées à la crise vont modeler les perspectives économiques et sociales des dix années à venir.