Coronavirus : l'AP-HP accuse Didier Raoult de "faux témoignage" lors de son audition à l'Assemblée nationale

Le directeur de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a écrit une lettre en ce sens au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Le professeur Didier Raoult à l\'Assemblée nationale, le 24 juin 2020.
Le professeur Didier Raoult à l'Assemblée nationale, le 24 juin 2020. (THOMAS COEX / AFP)

Martin Hirsch s'en prend à Didier Raoult. Des déclarations du professeur marseillais devant les députés de la commission d'enquête sur le Covid-19 "semblent s'apparenter à un faux témoignage", accuse l'AP-HP dans un courrier au président de l'Assemblée nationale, dont l'AFP a obtenu copie mercredi 1er juillet.

"Il me semble essentiel (...) que les travaux de la commission ne puissent être fondés sur des éléments factuellement faux, et que les suites qui s'imposent puissent être données", écrit le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), Martin Hirsch, dans cette lettre à Richard Ferrand.

Martin Hirsch conteste deux passages de l'audition de Didier Raoult par la commission d'enquête le 24 juin : d'une part, une estimation des taux de décès de malades en réanimation, et de l'autre, des propos sur un patient chinois de 80 ans hospitalisé à Paris fin janvier et qui était mort mi-février. Il s'agissait de la première mort du Covid-19 officiellement enregistrée en Europe.

Le taux de mortalité en réanimation à Paris contesté

Devant la commission, le médecin marseillais avait évoqué la question de la mortalité, en disant s'appuyer sur "un travail" disponible en ligne. "La mortalité dans les réanimations ici [à Paris], dans ce travail toujours, est de 43%. Chez nous, elle est de 16%", avait-il dit, sans préciser exactement d'où il tirait ces chiffres.

Dans sa lettre, Martin Hirsch assure que "nous n'avons aucune donnée qui place à 43% la mortalité dans les réanimations de l'AP-HP", sans préciser à combien se monte ce taux. "D'autre part, il n'y a à ce jour aucune étude publiée qui analyse comparativement les taux de mortalité en réanimation, évaluées dans des conditions contrôlées, entre les hôpitaux parisiens et marseillais", ajoute-t-il.

Le patient chinois de 80 ans "n'a jamais été renvoyé chez lui"

Par ailleurs, Didier Raoult a affirmé que le patient chinois de 80 ans s'était présenté "à la Pitié-Salpêtrière", était "rentré chez lui", puis était "revenu 7 jours après" et était "venu mourir dans un hôpital".

"Le seul patient chinois de 80 ans auquel peut faire référence le Pr Didier Raoult a été admis le 25 janvier 2020 à l'hôpital européen Georges Pompidou. Il n'a jamais été renvoyé chez lui", souligne Martin Hirsch dans sa lettre. Il rappelle que ce patient a ensuite été transféré "à l'hôpital Bichat, centre national de référence", où sa fille, elle aussi malade, a également été prise en charge avant de guérir.