Coronavirus : l'annulation des cérémonies du 8-Mai scandalise la droite et divise les associations d'anciens combattants

Le gouvernement a annoncé que les cérémonies mémorielles du 8-Mai seraient "annulées dans chaque département", mais qu'une commémoration nationale se tiendrait en présence du président de la République.

Les commémorations du 8-Mai, le 8 mai 2019, sur les Champs-Elysées, à Paris.  
Les commémorations du 8-Mai, le 8 mai 2019, sur les Champs-Elysées, à Paris.   (DENIS MEYER / HANS LUCAS / AFP)

Le gouvernement a choisi de s'en tenir à une commémoration nationale. L'annulation des cérémonies locales de commémoration du 8-Mai en raison de l'épidémie de Covid-19 est diversement accueillie par les associations mémorielles et d'anciens combattants. Les uns évoquent une mesure de "sagesse", mais d'autres insistent sur l'importance du souvenir de la victoire sur le nazisme.

"Par sagesse, il faut éviter ces rassemblements. Le 8-Mai, ce sont des personnes âgées qui se rassemblent", a déclaré, lundi 20 avril, Dominique Lépine, président de l'Union française des associations de combattants et victimes de guerre.

Il n'y a pas lieu de polémiquer, l'aspect mémoriel doit s'effacer devant l'aspect santé publique.Dominique Lépine, président de l'Union française des associations de combattants et victimes de guerreà l'AFP

Une annulation que regrette pour sa part le président de l'association Souvenir français, Serge Barcellini. "Le 8-Mai, nous y tenons, c'est la victoire sur le nazisme et c'est ce qui a permis la création de l'Europe. Au minimum, il faut que la cérémonie nationale soit relayée par les préfets dans les chefs-lieux, en maintenant les gestes barrières", a-t-il réagi.

"En 1975, Valery Giscard d'Estaing avait supprimé la commémoration du 8-Mai, en faisant valoir que l'Europe ne devait plus se diviser. A l'époque, le RPR et la gauche étaient vent debout. En 1981, François Mitterrand a recréé les commémorations du 8-Mai, qui est devenu un jour férié", rappelle-t-il.

Une décision "ahurissante"

La secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a confirmé vendredi que les cérémonies mémorielles du 26 avril (journée du souvenir des victimes de la déportation) et du 8-Mai étaient "annulées dans chaque département" car "il n'est pas question de créer des regroupements composés bien souvent majoritairement d'anciens combattants et de porte-drapeaux".

"Néanmoins, ces journées seront marquées nationalement". Le 8 mai, "une cérémonie sera organisée dans un format particulier qui sera retransmis dans la France entière", a-t-elle ajouté, en précisant que "le président de la République y participera". De nombreux élus de droite ont appelé Emmanuel Macron à revenir sur cette annulation. Le député LR Philippe Gosselin s'est dit samedi "scandalisé", dans un courrier adressé à l'Elysée, jugeant "ahurissant et inconcevable" que l'on annule ces commémorations.

Alors que chacun peut aller acheter des croquettes pour nourrir ses chiens ou chats, (...) la France ne pourrait pas honorer ses morts ?Philippe Gosselin, député LRDans une lettre à l'Elysée

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a plaidé dimanche pour que les maires et les préfets puissent aller déposer une gerbe aux monuments aux morts le 8 mai. "Nous sommes en train d'étudier la situation, qui va évoluer dans les trois semaines à venir", a affirmé lundi Agathe Rosa, porte-parole de Geneviève Darrieussecq. "Il y aura une cérémonie nationale en présence du président, le 8-Mai sera commémoré. Pour le reste, ce n'est pas encore décidé, les modalités seront fixées en fonction de la situation sanitaire."