Coronavirus : l'Afrique du Sud, après le Maroc et l'Algérie, a décidé de rapatrier ses ressortissants de Wuhan (Chine) à leur demande

Au total, trois pays africains ont procédé à des rapatriements de leurs nationaux dans le cadre de l'épidémie de maladie à coronavirus. 

Article rédigé par
Avec AFP - Falila Gbadamassi
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le ministre sud-africain de la Santé Zweli Mkhize, lors d'une conférence de presse le 1er mars 2020. Il a annoncé le rapatriement de ses compatriotes résidant à Wuhan, la ville chinoise d'où est partie l'épidémie de coronavirus.   (PHILL MAGAKOE / AFP)

La démarche est encore rare sur le continent. Après le Maroc et l'Algérie, l'Afrique du Sud opte pour le rapatriement. Les autorités de Pretoria évacueront d'ici "sept à dix jours" quelque 151 de ses citoyens, sur 201 recensés, résidant dans la ville chinoise de Wuhan, l'épicentre de l'épidémie de coronavirus qui s'est étendue à une soixantaine de pays. L'annonce en a été faite le 1er mars 2020 par le ministre de la Santé, Zweli Mkhize.

Le président Cyril Ramaphosa a ordonné le rapatriement, à leur demande, de ses compatriotes confinés depuis plus d'un mois dans la mégapole chinoise. Une décision, souligne VOA, qui est "en contradiction" avec les conseils des officiels chinois qui estiment que les étrangers confinés à Wuhan s'en sortiront mieux s'ils restent sur place. 

Les autorités sud-africaines elles-mêmes, selon le ministre de la Santé, se sont penchées sur la question du rapatriement, qu'elles n'avaient pas envisagée de prime abord, suite au souhait exprimé par leurs ressortissants d'être évacués. 

En outre, "les personnes à rapatrier sont en bonne santé, elles n'ont pas été infectées (par le virus)", a rappelé le ministre, "la quarantaine (fixée à 21 jours) est une simple mesure de précaution". "Nous ne disons pas que la Chine a échoué, il n'y a pas de risque immédiat, mais ces Sud-Africains veulent rentrer", a-t-il poursuivi. 

"Avec dignité"

La Chine, elle-même, a annoncé le 1er mars qu'elle pouvait rapatrier ses ressortissants qui vivent dans des pays où l'épidémie est sévère s'ils le souhaitent, rapporte le média chinois CGTN  

En Afrique du Sud, "l'organisation (du retour des ressortissants concernés) va prendre sept à dix jours", a indiqué Zweli Mkhize à la presse. L'opération sera conduite par l'armée sud-africaine à bord d'un avion spécial qui ramènera les évacués dans une installation, qui n'a pas été précisée, où ils seront maintenus en stricte quarantaine pendant trois semaines, a-t-il ajouté.

Le ministre a également appelé à traiter "avec dignité" les personnes qui seront rapatriées de Wuhan. Il a aussi demandé l'aide des familles pour localiser les autres ressortissants sud-africains, plus d'une trentaine, censés résider dans la région de Wuhan et dont les autorités sud-africaines n'ont pas de nouvelles.

Si aucun cas confirmé de virus Covid-19 n'a été rapporté en Afrique du Sud, deux citoyens sud-africains membres d'équipage du navire de croisière "Diamond Princess"  – placé en quarantaine au Japon – ont été néanmoins contaminés par le coronavirus, a indiqué Zweli Mkhize

Le rapatriement, une option encore inaccessible pour certains

L'Afrique du Sud est le troisième pays africain qui procède à un rapatriement. Des ressortissants sénégalais, camerounais, guinéens ou encore ivoiriens, souvent étudiants, sont bloqués à Wuhan. Ces derniers, qui auraient aimé, eux aussi, être rapatriés, n'ont pas la même chance que les ressortissants sud-africains. Pour les premiers, le président sénégalais Macky Sall a indiqué que son pays n'en avait pas les moyens. A l'instar de la Côte d'Ivoire, le Sénégal a préféré leur allouer une somme pour leur permettre de subvenir à leurs besoins. 

Pour l'Afrique du Sud, le coût financier du rapatriement n'a pas été un critère de décision. Le ministre de la Santé a déclaré qu'il était normal de permettre aux Sud-Africains qui voulaient rentrer chez eux, de le faire.  

Malgré ses liens étroits avec la Chine et des systèmes de santé jugés souvent défaillants, le continent africain a été largement épargné pour l'heure, avec seulement trois cas officiellement recensés – des ressortissants étrangers à chaque fois – en Egypte, en Algérie et au Nigeria.

Néanmoins, 13 pays africains font l'objet d'une attention particulière de la part de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en raison de leurs liens directs avec Pékin ou de leur volume élevé de voyages avec ce pays. 

Selon le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, une quarantaine de pays africains (sur 54) sont désormais en mesure d'effectuer le dépistage des cas de coronavirus, rapporte le journal sud-africain Mail&Guardian. 

Le dernier bilan de l'OMS, daté du 1er marsfait état de plus de 87 000 cas confirmés dans le monde, dont près de 80 000 en Chine où 2873 décès ont été enregistrés. Ailleurs, plus de 7000 cas sont confirmés dans 58 pays et 104 décès ont été jusqu'ici répertoriés. 

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