Coronavirus : "J'appelle les grandes entreprises à jouer la solidarité envers les petites"

Il est possible de jouer notamment sur la trésorerie, en payant tout de suite les factures aux petites entreprises, lorsque c'est possible assure le médiateur des relations inter-entreprises, rattaché à Bercy.

(CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

La France prévoit des dizaines de milliards d'euros pour soutenir l'économie mise à mal par le coronavirus Covid-19. Des fonds de solidarités, le report des charges fiscales et sociales, des facilités pour les emprunts, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour aider les entreprises. "Je fais appel aux grandes entreprises, aux grandes administrations à jouer la solidarité envers les petites", a déclaré samedi 14 mars sur franceinfo Pierre Pelouzet, médiateur des relations inter-entreprises, rattaché au ministère de l'Économie.

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franceinfo : Les mesures prises par le gouvernement vous satisfont-elles ?

Pierre Pelouzet : Des mesures très claires ont été prises par le gouvernement. Je veux rappeler le décalage possible de tout ce qui est Urssaf et Fisc. Il est important que les entreprises demandent ces décalages, c'est aujourd'hui qu'il faut le faire, ce sera décalé et ça leur donnera une première bouffée d'oxygène. Le chômage partiel a été amplifié, simplifié, il y a un contact dans chaque région pour aider les entreprises à le mettre en œuvre et il ne faut pas qu'elles hésitent. Tous les prêts bancaires sont couverts par la banque publique d'investissement.

Qui peut bénéficier de ces mesures ?

Toutes les TPE-PME qui sont confrontées à cette crise peuvent demander un décalage de leur Urssaf et de leurs charges fiscales. Si vous avez un emprunt, un prêt, une difficulté, la BPI couvrira cet emprunt jusqu'à hauteur de 100%. S'il y a la moindre difficulté par rapport à ça le médiateur du crédit peut les aider. Pour le chômage partiel il y a des contacts directs. Un fonds de solidarité va être mis en place pour aider les plus fragiles.

Comment éviter que les plus petites entreprises soient les premières victimes ?

Il y a un appel à toutes ces petites entreprises à faire appel à ces mesures gouvernementales. Je fais appel aux grandes entreprises, aux grandes administrations à jouer la solidarité envers les petites. Des petites entreprises industrielles n'ont pas pu s'approvisionner à cause de la Chine, de l'Italie, sont en rupture de stock et ne peuvent pas livrer leurs clients et les grands clients leurs mettent des pénalités de retard. Je pense que ce n'est pas la bonne méthode. Il faut se parler et le médiateur est là pour les aider. Il faut qu'il y ait une discussion intelligente.

Pensez-vous que dans un secteur compétitif la solidarité peut s'imposer ?

J'espère. Je vois des entreprises qui jouent le jeu, qui vont décaler une prestation de conseil, d'accompagnement, mais qui paient une partie maintenant même si la prestation aura lieu plus tard. Il y a un levier que possèdent toutes ces entreprises et qui est magique pour sauver les petites entreprises. Ce sont les délais de paiements. Toutes les factures qui sont dans les grands groupes et les grandes administrations, n'attendons pas les 60 jours traditionnels pour les payer, payons les tout de suite. Si on donne 30 ou 40 jours de trésorerie tout de suite à ces PME-TPE ont leur permettra de passer la crise.