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Coronavirus : "Il est grand temps que toutes les restrictions sociales prises par le gouvernement soient écoutées"

"Chaque fois qu'on ne se lave pas les mains, chaque fois qu'on va dans un bar, c'est une pression supplémentaire qui s'exercera à un moment donné ou un autre sur l'hôpital français", alerte Jean Rottner, médecin urgentiste et président de la région Grand Est, qui a repris du service pour venir en renfort à Mulhouse.

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Radio France
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Jean Rottner, médecin urgentiste à l’hôpital de Mulhouse et président de la région Grand Est, le 24 février 2020 à Nancy. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

"Nous avons en 24 heures, rien que sur Mulhouse, dénoté plus de 200 cas supplémentaires. Il est grand temps que toutes les restrictions sociales prises par le gouvernement soient entendues et écoutées", alerte lundi 16 mars sur franceinfo, Jean Rottner, médecin urgentiste à l’hôpital de Mulhouse et président de la région Grand Est. Il a repris du service pour venir en renfort à Mulhouse, dans un premier temps en novembre puis depuis la crise coronavirus.

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"En 24 heures, la situation a profondément changé et je pense qu'aujourd'hui il faut aller plus loin", que les mesures actuelles prises par le gouvernement selon Jean Rottner, car "l'hôpital de Mulhouse comme tous les hôpitaux alsaciens sont véritablement sous tension. Chaque fois qu'on ne se lave pas les mains, chaque fois qu'on va dans un bar, c'est une pression supplémentaire qui s'exercera à un moment donné ou un autre sur l'hôpital français".

franceinfo : Quelle est la situation actuellement ?

Jean Rottner : L'hôpital de Mulhouse comme tous les hôpitaux alsaciens sont véritablement sous tension. Nous avons en 24 hheures, rien que sur Mulhouse, dénoté plus de 200 cas supplémentaires. Ça montre qu'il y a une augmentation massive de la maladie et de l'épidémie qui se propage avec, à Mulhouse, un foyer d'origine qui est très concentré, très virulent à partir d'une église évangélique. Nos soignants voient à travers la France des images de gens insouciants. Je tire la sonnette d'alarme, en disant : attention, il est grand temps que toutes les restrictions sociales prises par le gouvernement soient entendues et écoutées. Chaque fois qu'on ne se lave pas les mains, chaque fois qu'on va dans un bar, c'est une pression supplémentaire qui s'exercera à un moment donné ou un autre sur l'hôpital français.

Qu'est-ce que cela signifie quand vous dites que l'hôpital est sous tension ?

Les hôpitaux se sont entièrement réorganisés pour pouvoir accueillir les malades. Les réanimations sont en situation très, très tendues et d'ici le milieu de la semaine, je pense que cette tension va encore augmenter.

Nous arrivons petit à petit à une limite de respirateurs.

Jean Rottner, médecin urgentiste à Mulhouse à franceinfo

Il nous faudra des respirateurs supplémentaires. C'est absolument indispensable. Si la population ne respecte pas les modalités de prévention, petit à petit, on arrive dans une zone de danger.

A-t-on eu tort d'en appeler au civisme de chacun pour restreindre la vie sociale. Faut-il envisager d'en venir au confinement ?

Je ne sais pas si on a eu tort. Moi encore, il y a quelques jours, compte tenu des chiffres, je pensais que ça pourrait passer eh bien non. En 24 heures, la situation a profondément changé et je pense qu'aujourd'hui il faut aller plus loin. Quant aux soignants, petit à petit il y a la fatigue qui arrive, la peur pour soi, la peur pour ses proches, ses collègues. Il y a les morts que l'on voit, tout cela rend la situation extrêmement tendue. Nous avons même mis en place à Mulhouse, une cellule de soutien psychologique, nous essayons de prendre soin au maximum des patients dans un hôpital qui souffrait déjà et qui souffre encore plus.

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