Coronavirus : entre débrouille et découragement, les intermittents du spectacle, privés de travail, espèrent une reprise cet été

Les lieux culturels étant fermés depuis fin octobre, la situation est délicate pour le monde du spectacle. franceinfo est allé à la rencontre de deux intermittentes, qui attendent avec impatience la réouverture des établissements culturels.

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Manifestation parisienne du monde la culture le 15 decembre 2020. (GEORGES GONON-GUILLERMAS / HANS LUCAS)

Après le deuxième confinement, les lieux culturels n'ont pu rouvrir leurs portes le 15 décembre à cause de la mauvaise situation sanitaire. Ils ne vont pas non plus rouvrir en ce début du mois de janvier. L'information doit être confirmée lors de la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex jeudi 7 janvier 2021. Cette date avait été évoquée commme une clause de revoyure.

Certains intermittents du spectacle n'ont quasiment pas travaillé depuis plusieurs mois. Ils vivent grâce à leurs maigres indemnités chômage. Alexandra Gendraux est régisseuse lumières. Elle travaille normalement dans le spectacle et l’événementiel : "Concrètement, depuis le mois de mars j'ai fait cinq jours de travail", explique-t-elle. Elle a eu "cinq cachets début décembre. Je suis sur des montagnes russes avec des annulations, des reports" en cascade. "Des moments où on a espoir, et puis finalement, c'est un autre report, une annulation", se désole Alexandra.

Des concerts chez l'habitant pour gagner sa vie

La situation d'Aurore Voilqué, violoniste de jazz, n'est pas meilleure. Elle qui a souvent accompagné Thomas Dutronc n'a plus de contrat. Sans concerts et sans festivals, il a donc fallu se débrouiller : "J'ai fait beaucoup de communication pour que les gens nous engagent chez eux. J'ai décidé de brader les prix car évidemment ce sont des tarifs beaucoup plus élevés habituellement". L’été dernier, grâce à sa ténacité, elle a "réussi à décrocher une trentaine de petites prestations, en duo, en trio", avant que le deuxième confinement ne vienne assombrir davantage l'horizon.

Grâce à l’année blanche décidée par le gouvernement, les indemnités chômage des intermittents sont prolongées jusqu’au 31 août prochain. Mais sans aucune période travaillée, c’est insuffisant pour vivre. Aurore Voilqué et Alexandra Gendraux doivent puiser dans leurs économies pour boucler le budget familial. Toutes les deux redoutent une nouvelle baisse de revenus le 1er septembre, quand le montant de leurs indemnités chômage sera recalculé. Cette baisse sera d’environ 25% pour Alexandra Gendraux. Seule solution pour s’en sortir, pouvoir retravailler.

"On croise les doigts pour avoir quelque chose cet été. Mais concrètement, mes premières vraies propositions de travail commencent pour septembre 2021. Il y a vraiment des jours de découragement."

Alexandra

à franceinfo

 Aurore Voilqué n’est guère plus optimiste, car elle ne "voit pas comment on pourrait reprendre une activité normale avant l'été alors qu'on est déjà en janvier. Je suis très pessimiste, peut-être. Mais il faut être réaliste : comment voulez-vous qu'on travaille ? J'espère bien qu'on sera reconduits pour une autre année blanche", s'agissant des indemnités chômage. La plupart des intermittents veulent croire à cette prolongation.

Mais d'ores et déjà, certains se sont tournés vers d’autres activités. Alexandra Gendraux a décidé de suivre une formation de sophrologue pour préparer l’avenir.   

Les intermittents du spectacle entre débrouille et découragement : reportage d'Anne Chépeau
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