Coronavirus : en Seine-et-Marne, les chauffeurs de bus de Chelles exercent leur droit de retrait après la mort d'un collègue

Les conducteurs ont exercé leur droit de retrait pour l'ensemble du week-end. Aucun bus ne circule sur Chelles, seul le transport à la demande fonctionne uniquement pour les personnels hospitaliers.

Un bus du réseau Ile-de-France Mobilités durant l\'épidémie de Covid-19. Photo d\'illustration.
Un bus du réseau Ile-de-France Mobilités durant l'épidémie de Covid-19. Photo d'illustration. (ADRIEN VAUTIER / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Les chauffeurs de bus de Chelles (Seine-et-Marne) ont exercé leur droit de retrait samedi 4 avril après la mort d'un de leur collègue du coronavirus, a appris franceinfo de source syndicale. L'homme, âgé de 57 ans, est mort vendredi 3 avril à l'hôpital de Créteil après être resté cinq jours en réanimation.

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Selon cette source, il a fait un arrêt cardiaque alors que sa charge virale était bonne. Un autre conducteur âgé de 58 ans est à l'hôpital sous surveillance après avoir contracté le virus. Atteint par des problèmes de respiration, il a été placé dans le coma.

Aucun bus ne circule à Chelles

Les conducteurs de la Société des transports du bassin chellois (STBC), filiale de la société Transdev, ont mis "la pression auprès de leur direction pour faire rentrer tous les conducteurs pour annoncer le décès" de leur collègue, explique le délégué syndical Solidaire-Transport Jamel Chaibi. Les conducteurs ont exercé leur droit de retrait pour l'ensemble du week-end. Aucun bus ne circule à Chelles. Seul le transport à la demande fonctionne uniquement pour les personnels hospitaliers.

Depuis le début du confinement, des mesures ont été prises "à l'initiative des syndicats", mais "pas du fait de Transdev", souligne Jamel Chaibi. "Nous les conducteurs, nous sommes au premier plan. Nous avons transportés beaucoup de personnes dans les bus" depuis l'annonce du confinement. "On a demandé à la direction, avant le confinement, l'arrêt de la vente à bord, pour éviter tout contact, mais on n'a pas eu l'accord de Ile-de-France Mobilités", affirme-t-il. Le premier responsable "c'est Ile-de-France Mobilités à travers Valérie Pécresse. Ils n'ont pas pris les mesures nécessaires pour nous mettre en sécurité".

On roulait avec des bus qui étaient surchargés.Jamel Chaibi, délégué syndical Solidaire-Transportà franceinfo

Les conducteurs demandent deux masques et deux paires de gants par jour et par personne, la désinfection des postes de conduite tous les jours, l'utilisation des RTT et la mise en chômage partiel des agents les plus de 55 ans et les plus fragiles. Une cellule psychologique a été mise en place.