Coronavirus : en Île-de-France, "on a encore des cercueils mais on risque d'en manquer"

La déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres raconte, lundi 06 avril sur France Bleu Paris, les difficultés auxquelles la profession est actuellement confrontée.

Des employés des pompes funèbres transportent le cercueil d\'une victime du coronavirus, le 1er avril 2020 (illustration).
Des employés des pompes funèbres transportent le cercueil d'une victime du coronavirus, le 1er avril 2020 (illustration). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

En Île-de-France, "on a encore des cercueils mais on risque d'en manquer", s’inquiète la déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres, interrogée lundi 6 avril par France Bleu Paris. Florence Fresse ne cache pas que la situation est tendue en région francilienne, où les pompes funèbres sont débordées et font face à une situation inédite : manque de places dans les chambres funéraires, risque de pénurie de cercueils, familles en colère…

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Des crématoriums saturés

Première de ces difficultés, "celles des délais car les crématoriums sont saturés dans les zones clusters comme en Île-de-France", explique la déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres. Les familles doivent donc patienter avant de pouvoir pratiquer une crémation ou inhumer un défunt au cimetière. Le dernier texte de loi permet de prolonger le délai de 21 jours au lieu des six jours prévus auparavant.

Les pompes funèbres doivent également faire face à la douleur accentuée des familles : "On ne peut plus recevoir sereinement ni organiser de cérémonie comme avant, avec cinq à dix personnes maximum", explique Florence Fresse.

On est d'avantage dans un pur travail de mise en bière du défunt. Certaines familles comprennent, d’autres pas.Florence Fresse, déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbresà franceinfo

"Dans ces cas-là, c’est très compliqué pour nous, car il y a beaucoup de colère", ajoute Florence Fresse.

Les professionnels redoutent de manquer de cercueils

 "On va tout faire pour" faire face à un nouvel afflux de décès en Île-de-France, assure la déléguée qui affirme que "les entreprises sont très attachées à leur mission de service public". Elles ont dû composer avec la fermeture de certaines mairies, ainsi que le manque d'approvisionnement de combinaisons et de masques. "Nous avions nos propres stocks mais nous les avons consommés", explique Florence Fresse. 

Enfin, les professionnels redoutent de manquer de cercueils. "Pour l'instant, on en a encore, mais ça risque d'être tendu par la suite", reconnaît la déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres. L'ouverture d'un hall du marché de Rungis a permis de pallier le manque de place en chambre funéraire. 20 000 cercueils pourront y être entreposés.

Toutes les communes de plus de 2 000 habitants doivent avoir cinq fois plus de places libres que de décès annuels dans la commune. "Donc il y a de la place", assure Florence Fresse, "d’autant plus que 35% des personnes qui décèdent demandent la crémation".