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Coronavirus en Guyane : Médecins du monde alerte sur l'ampleur de la "crise humanitaire"

Médecins du monde a salué lundi 13 juillet sur franceinfo les dépistages massifs effectués en Guyane où le coronavirus continue de sévir fortement. L'ONG décrit toutefois l'existence d'une "véritable crise humanitaire" qui complique la gestion de l'épidémie.

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Radio France
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L'ONG Médecins du monde a installé une clinique de campagne à Matoury, à 15 kilomètres de Cayenne, en Guyane française. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

En Guyane, "grâce au dépistage massif, on peut espérer pouvoir contrôler cette épidémie" a estimé Philippe de Botton, président de Médecins du monde, interrogé lundi 13 juillet sur franceinfo. "Les dépistages ont permis à la fois d'identifier, d'isoler et de casser la chaîne de contamination", explique Philippe de Botton. "Pour le coup, c'est une très bonne opération qui a été faite et qui nous prépare à une éventuelle deuxième vague", indique-t-il. "Là, on a su faire. On a corrigé un peu les erreurs qu'on a fait en métropole. Et grâce au dépistage massif, on peut espérer pouvoir contrôler cette épidémie", affirme le président de l'ONG.

"Crise humanitaire"

Philippe de Botton alerte néanmoins sur "la véritable crise humanitaire" qui sévit en Guyane. "Il y a des gens qui ne mangent que tous les trois, quatre jours", a-t-il indiqué. "Je ne peux pas vous donner de chiffres précis, mais ça touche énormément de gens", affirme Philippe de Botton.

Il y a une très grande précarité et une très grande pauvreté en Guyane.

Philippe de Botton

Cette crise rend plus difficile la gestion de l'épidémie explique Philippe de Botton. "Vous avez des bidonvilles, des squats, des milliers de personnes qui vivent dans des conditions d'habitat indignes. Donc appliquer les gestes barrières était extrêmement compliqué", détaille-t-il.

Le président de Médecins du monde salue le "gros effort" fournis par les personnels de la réserve sanitaire, venus en Guyane pour désengorger les hôpitaux, mais souligne que le territoire ultramarin "manque de moyens, manque de personnel hospitalier" et "manque de médecins". "Il y a vraiment des moyens qui sont donnés, mais ces moyens ne sont que ponctuels. Il aurait fallu anticiper. On a laissé se dégrader une situation", déplore-t-il.

Philippe Botton évoque sa "déception" après la visite de Jean Castex en Guyane qui "n'a apporté aucune mesure concrète face à une situation qui est extrêmement préoccupante et difficile". Il qualifie la visite du Premier ministre d'"opération de communication" et de "déplacement symbolique".

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