Coronavirus : des pilotes de la compagnie Buzz, filiale de Ryanair, obligés de rembourser une partie de leur salaire

C'est l'une des nombreuses conséquences de la crise économique entraînée par l'épidémie de coronavirus.

Un avion de la compagnie Buzz, à l\'aéroport de Caen (Calvados), en 2002.
Un avion de la compagnie Buzz, à l'aéroport de Caen (Calvados), en 2002. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Des pilotes d'avions sont obligés de rembourser une partie de leur salaire. Cela concerne la filiale polonaise de Ryanair : la compagnie Buzz. Elle fait voler une quarantaine d'avions, à la fois sur des lignes régulières de la compagnie à bas coûts et en charters. Cette mesure est évidemment l'une des conséquences de la crise économique due à l'épidémie de coronavirus dans le monde. Le secteur de l'aérien est particulièrement touché. "Ils ont dit aux pilotes : 'on va vous baisser les conditions de 10% à 20%, explique Olivier Rigazio du syndicat de pilotes SNPL France Alpa. Ceux qui n'ont pas accepté ont été virés et ne volent plus."

Des grilles tarifaires baissées avec rétroaction

"Cela, c'était le premier étage de la fusée, reprend Olivier Rigazio. Le deuxième étage, c'est qu'ils ont dit aux pilotes restants : 'Il y avait une grille tarifaire pour vous payer en fonction de votre expérience, on va baisser ces grilles tarifaires et ça va être rétroactif, depuis le début de la crise du covid-19'. Donc ils (les pilotes) ont trop perçu", déclare-t-il.

Ce sera retenu sur leur prochain salaire ou éventuellement remboursé si le delta est trop important.Olivier Rigazio, du syndicat de pilotes SNPL France Alpaà franceinfo

Environ une centaine de pilotes sur les 400 à 500 pilotes qui volent sur Buzz subissent ce coup de rabot, avec des rémunérations habituelles proches du Smic, qui ont donc été baissées pendant la crise. À cela s'ajoute leur statut précaire : ils sont auto-entrepreneurs, tout comme les hôtesses et stewards. Ce modèle permet à Ryanair de pousser les prix toujours plus bas.

Pour autant, le groupe irlandais a souffert de la paralysie du transport aérien. Il va supprimer 3 000 emplois chez les navigants, baisser les salaires de 20% et diviser par deux son programme de vols cet été.