Coronavirus : Emmanuel Macron prend la défense d'Agnès Buzyn dans une interview au "Point" et "assume totalement" le maintien des municipales

Le président ne désavoue pas le maintien du premier tour des élections municipales le 15 mars, deux jours avant le confinement, et refuse les "procès" en mauvaise gestion concernant la pénurie de masques, dans un entretien au "Point" publié mercredi.

Emmanuel Macron et Agnès Buzyn le 20 janvier 2020, lors d\'une visite dans une usine à Dunkerque (Nord).
Emmanuel Macron et Agnès Buzyn le 20 janvier 2020, lors d'une visite dans une usine à Dunkerque (Nord). (DENIS CHARLET / AFP)

Une réponse officielle près d'un mois après la publication de confidences dans la presse. Emmanuel Macron prend fermement la défense de l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, mercredi 15 avril, dans une interview accordée à l'hebdomadaire Le Point (pour abonnés). Le chef de l'Etat assure qu'il n'y a "pas du tout une polémique" avec elle au sujet du coronavirus.

Le 17 mars, dans le quotidien Le Monde, juste après le premier tour des municipales, l'ex-ministre et candidate LREM à la mairie de Paris avait provoqué un tollé en décrivant cette élection comme une "mascarade", face au "tsunami" de l'épidémie qui s'annonçait. Agnès Buzyn avait aussi affirmé avoir alerté le président de la République sur le danger du coronavirus dès le 11 janvier, puis avoir plaidé en mars pour le report du scrutin. Remplacée par Olivier Véran, Agnès Buzyn avait quitté son ministère mi-février pour se lancer dans la campagne de Paris au pied levé, après le renoncement de Benjamin Griveaux.

"Agnès Buzyn avait tout de suite vu le risque"

Dans Le Point, Emmanuel Macron assure qu'"on comprend que quelque chose de grave se passe en Chine, au début du mois de janvier, mais on n'en connaît pas la nature. Quand je dis 'on', je parle d'Agnès Buzyn, qui voit tout de suite le risque, car elle a une expertise sur le sujet".

"La ministre de la Santé prévient que ça peut mal évoluer, en effet. Elle dit qu'il faut faire attention. Elle prend donc des décisions très rapidement. Elle commande, avec le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon, du matériel à Santé publique France et elle active les agences régionales de santé. Le dispositif sanitaire de crise s'organise et réagit comme il se doit", complète le chef de l'Etat.

"Personne n'a pensé qu'il fallait reporter" les élections municipales

Le chef de l'Etat raconte avoir hésité à reporter les élections avant de décider, le 12 mars, de les maintenir, avis du Conseil scientifique à l'appui. "Si le Conseil scientifique m'avait dit que les maintenir mettrait la santé des Français en danger, je ne les aurais pas maintenues", déclare-t-il.

"J'assume totalement la décision", insiste le président de la République, face aux critiques d'une partie de l'opposition. Il se prévaut d'un consensus sur le sujet : "Le Premier ministre a consulté toutes les forces politiques et personne n'a pensé qu'il fallait les reporter. Il en est de même lorsque je consulte Richard Ferrand et Gérard Larcher", les présidents des deux chambres. "Je ne voulais pas que le pays pense qu'il y avait une manipulation, que les gens puissent se dire que j'avais trouvé là un prétexte pour ne pas les organiser", confie aussi le président de la République.

"Je refuse de recommander le port du masque pour tous"

"Les gens ont sans doute été davantage contaminés ces jours-là dans les bars ou les sorties en plein air que dans les bureaux de vote", estime encore Emmanuel Macron. Le deuxième tour des municipales, prévu le 22 mars, a ensuite été reporté. Le gouvernement doit décider sur la base d'un rapport remis le 23 mai s'il aura lieu le 21 juin ou sera encore reporté, à l'automne ou en 2021.

Emmanuel Macron se défend par ailleurs sur la question des masques, dont l'Etat a commandé début avril plus d'un milliard d'exemplaires mais dont de nombreux personnels soignants déplorent le manque. "Je refuse aujourd'hui de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait, ajoute-t-il. Si nous le recommandons, ce serait incompréhensible. Les soignants en souhaitent davantage, c'est normal et c'est bien l'objectif de notre agenda de production que de répondre à cette attente."

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