Coronavirus 2019-nCoV : comment la France a développé son propre test pour détecter le virus

La France dispose de son propre test pour diagnostiquer les cas de coronavirus. Celui-ci a été mis au point par le Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires, qui dépend de l'Institut Pasteur.

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Le Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires à Paris, le 28 janvier 2020. Les équipes ont développé un test permettant de confirmer ou d'infirmer des "cas possibles" de coronavirus 2019-nCoV. (THOMAS SAMSON / AFP)

Pour prendre la mesure d'une épidémie, encore faut-il savoir la détecter. La séquence génétique du coronavirus 2019-nCoV a été rapidement partagée par des chercheurs chinois, ce qui a permis à des équipes du monde entier de développer des tests diagnostics spécifiques permettant d'établir avec certitude qu'un patient était atteint ou non par ce nouveau virus. En Asie, la Chine, Hong Kong, la Thaïlande et le Japon ont notamment élaboré leurs propres méthodes. Mais c'est l'institut de virologie de l'hôpital de la Charité de Berlin (Allemagne) qui a ouvert la voie, le 17 janvier, comme le montrent ces images.

"Ils avaient un peu d'avance, car ils avaient déjà préparé des tests pour d'autres virus de la famille des coronavirus", explique Sylvie Behillil, directrice adjointe du Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires de l'Institut Pasteur. "Ils ont publié leur technique, mais nous avons voulu également développer notre propre technique en parallèle." Comme les Allemands, les Français ont donc travaillé sur la séquence génétique du coronavirus 2019-nCoV isolée par la Chine pour mettre au point une technologie moléculaire permettant d'amplifier l'ARN du virus, une molécule proche de l'ADN et présente dans les coronavirus.

"Nous avons alors testé notre technique sur plein d'autres virus respiratoires, comme le MERS ou le SRAS, car il faut que le test soit spécifique à 100% du nouveau coronavirus 2019-nCoV" pour obtenir un diagnostic fiable, détaille la spécialiste. Après des résultats concluants, ce test a été rapidement utilisé pour confirmer les cas possibles signalés sur le sol français, notamment à Bordeaux et Paris, ou plus récemment à Toulouse. Reste que ce test est toujours en phase de validation, car il existe d'autres critères à évaluer, comme la sensibilité de ce test qui ne porte pas encore de nom.

Des résultats disponibles en quelques heures

Au moindre cas suspect, le médecin référent du Samu et l'infectiologue référent de l'établissement hospitalier peuvent placer le patient dans la catégorie "cas possible". Celui-ci est alors déplacé dans une chambre individuelle et des prélèvements respiratoires sont réalisés à l'aide d'un écouvillon, un long coton-tige permettant de recueillir des cellules du nez. Celles-ci sont ensuite placées dans un milieu permettant leur conservation et envoyées par coursier au laboratoire parisien, le tout dans un triple emballage. Les résultats peuvent ensuite être communiqués "en quelques heures".

Le Centre national de référence parvient encore à réaliser les tests en nombre suffisant pour répondre aux "cas possibles" français, mais il faut encore obtenir un approvisionnement suffisant des réactifs nécessaires au test. Ces produits fabriqués par des industriels permettent d'amplifier le génome en se fixant sur le celui du virus. La Cellule d'intervention biologique d'urgence (Cibu), toujours à l'Institut Pasteur, est également habilitée pour réaliser ces tests.

"Nous allons rapidement diffuser les réactifs pour que les laboratoires des Agences régionales de santé (ARS) puissent à leur tour utiliser la technique en cas de nouvelles suspicions", explique Sylvie Behillil. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé une mise à disposition "dans les hôpitaux publics dans le courant" de cette semaine. Ce qui permettrait de réduire les délais, les coûts et de soulager le Centre national de référence. 

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