Coronavirus : "Cette vague qui nous a submergés il y a maintenant trois semaines est derrière nous", affirme le professeur Frédéric Adnet, chef du Samu 93

Le chef des urgences de l'hôpital Avicenne à Bobigny et du Samu de Seine-Saint-Denis constate un retour à la normale des activités du Samu, mais craint une deuxième vague de contaminations au Covid-19. 

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Radio France
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Le Samu de Seine-Saint-Denis constate un retour à la normale de son activité apès le pic lié à l'épidémie de Covid-19. (photo d'illustration) (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Le professeur Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne et du Samu de Seine-Saint-Denis a confirmé ce lundi 27 avril sur franceinfo qu’il y avait "une vraie baisse du nombre de patients Covid-19 qui arrivaient aux urgences" alors que le département de la région parisienne, un des plus pauvres, a été très touché par l’épidémie : "Cette vague qui nous a submergés, il y a maintenant trois semaines, est derrière nous. C'est très clair", a-t-il affirmé.

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franceinfo. Constatez-vous aussi une baisse des patients touchés par le coronavirus en Seine-Saint-Denis ?

Frédéric Adnet. Oui, on constate une baisse de manière importante au niveau des urgences et au niveau des appels au Samu. On a de moins en moins de patients qui ont le Covid-19 qui viennent aux urgences et une activité qui est revenue à la normale au Samu. Ce qu'on constate est toujours quinze jours en avance par rapport à ce qui se passe en réanimation ou dans les services hospitaliers. Donc, on a une vraie baisse du nombre de patients Covid-19 qui arrive aux urgences. Cette vague qui nous a submergés, il y a maintenant trois semaines est derrière nous. C'est très clair.

Comment expliquez-vous que le département de Seine-Saint-Denis est un département le plus touché par le Convid-19 ?

C’est le département le plus pauvre. Et ce virus se transmet essentiellement soit dans les transports, soit dans la cellule familiale. En Seine-Saint-Denis, les populations les plus défavorisées vivent dans des conditions qui favorisent la transmission du virus dans la cellule familiale. En effet, on a beaucoup de familles qui vivent dans des conditions insalubres ou surpeuplées, dans un appartement très petit. Cela favorise la transmission du virus au sein de la famille et ensuite via des transports à l’ensemble de la population.

Le deuxième phénomène, c'est qu'on a une population qui est jeune et qui a travaillé pendant le confinement dans des emplois en contact avec le public : caissières, aide-soignantes, chauffeur de bus ou conducteurs de métro. On avait finalement peu de télétravail en Seine-Saint-Denis, ce qui est souvent réservé aux cadres supérieurs qui n'habitent pas le département. Le confinement était respecté, mais la transmission, et toutes les études l'ont montré, qui amplifie cette maladie est une transmission dans la cellule familiale.

Craignez-vous la deuxième vague ?

Oui, tous les soignants, tous les médecins avec ce qu'ils ont vécu ont peur d'une seconde vague. Donc, il faut absolument que ce déconfinement soit progressif, que les mesures, de distanciation et les mesures barrières soient respectées. Mais on va faire ce déconfinement. Il doit être progressif, car il doit quand même retarder l'apparition d'une hypothétique deuxième vague pour que, simplement, on retrouve nos capacités à accueillir des patients.

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