Coronavirus : Nicole Belloubet ouvre la voie à la libération de détenus en fin de peine et de malades

Les tensions se multiplient dans les prisons, faisant redouter un scénario à l'italienne, où des mutineries violentes ont fait plusieurs morts.

La prison de Perpignan (Pyrénées-Orientales), mardi 17 mars 2020, au premier jour du confinement en France pour arrêter la propagation du nouveau coronavirus.
La prison de Perpignan (Pyrénées-Orientales), mardi 17 mars 2020, au premier jour du confinement en France pour arrêter la propagation du nouveau coronavirus. (RAYMOND ROIG / AFP)

Les maisons d'arrêt de France vont peut-être pouvoir souffler. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, appelée depuis plusieurs jours à libérer des détenus afin d'éviter une crise sanitaire et sécuritaire en prison en pleine pandémie de coronavirus, a ouvert la voie, vendredi 20 mars, à la libération anticipée de détenus malades et d'autres en fin de peine.

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Dans le cadre de la loi sur l'état d'urgence sanitaire, "je vais travailler d'une part sur les détenus malades, qui ont d'autres maladies que le coronavirus, et d'autre part sur les personnes à qui il reste moins d'un mois de détention à faire", a expliqué la garde des Sceaux sur franceinfo. "Nous pouvons procéder là à leur retrait des établissements", a-t-elle ajouté.

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"J'ai demandé aux procureurs de veiller à la régulation carcérale pour qu'il y ait moins de personnes qui entrent et que nous puissions faire sortir les personnes soit qui sont malades soit qui sont en fin en peine, et pour qu'il y ait des crédits de réduction de peine qui soient donnés de manière plus aisée", a précisé Nicole Belloubet.

Des morts lors de mutineries en Italie

"J'ai donné instruction pour qu'on ne mette pas à exécution les courtes peines d'emprisonnement", a également dit la ministre, évoquant "des mesures qui veillent à ne pas faire entrer de personnes supplémentaires en prison". "C'est relativement facile car la délinquance a baissé depuis quelques jours", en raison de la présence de "beaucoup de policiers dans les rues".

On comptabilise ces derniers jours une trentaine d'entrées en prison quotidiennes contre plus de 200 habituellement.Nicole Belloubetsur franceinfo

Le gouvernement a été appelé, aussi bien par la contrôleuse des prisons que par des magistrats et des avocats, qui ont signé jeudi une tribune dans Le Monde (article abonnés), à désengorger les prisons surpeuplées afin d'éviter une crise sanitaire si le coronavirus devait s'y propager. De plus, les tensions se multiplient dans les prisons, faisant redouter un scénario à l'italienne, où des mutineries violentes ont fait plusieurs morts.

Il y a eu des appels à amnistier des prisonniers, une option rejetée par Nicole Belloubet. Il n'y aura "pas de façon générale d'amnistie car il faut préserver la sécurité de la société", a-t-elle dit.

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