Coronavirus : 500 000 emplois supprimés en France au premier trimestre, principalement dans l'intérim

L'emploi intérimaire s'effondre  de 40,4 % par rapport à fin 2019, une baisse historique, selon l'Insee.

Un chantier à l\'arrêt pendant le confinement, à Roncq, dans le Nord-Pas-de-Calais, le 22 février 2020. 
Un chantier à l'arrêt pendant le confinement, à Roncq, dans le Nord-Pas-de-Calais, le 22 février 2020.  (MAXPPP)

Plus d'un demi-million d'emplois ont été supprimés au premier trimestre 2020 en raison de la crise du coronavirus, selon l'estimation définitive de l'Insee publiée jeudi 11 juin. Cette période a vu plus exactement la destruction de 502 400 emplois salariés, soit une baisse de 2% provoquée par un effondrement de 40% de l'intérim, une baisse historique, sous l'effet du confinement, précise l'institut de la statistique. 

Par comparaison, lors de la crise économique de 2008-2009, l'emploi intérimaire avait baissé de 13,9% au quatrième trimestre 2008 puis de 13% au premier trimestre 2009. La baisse concerne tous les secteurs, mais elle est plus forte dans la construction (- 60,5%) et l'industrie (- 40,7%) que dans le tertiaire (- 31%).

Hors intérim, les services marchands se replient tout de même fortement : - 1,3% soit -150 300 emplois. L'emploi salarié se replie fortement dans l'hébergement-restauration (-4,4% soit -50 600 emplois) et les "services aux ménages" (-2,8% soit -37 400). Son recul est moins accentué dans les transports (-0,9% soit -12 200) et le commerce (-0,7% soit -22 400 emplois).

Le secteur privé presque exclusivement concerné

L'emploi salarié retrouve ainsi son plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2017. La baisse concerne presque exclusivement le secteur privé, avec 497 400 destructions nettes (soit - 2,5 %), tandis que la fonction publique perd 4 900 emplois (soit - 0,1 %).

Comme le précise l'Insee, le concept d'emploi se réfère aux critères du bureau international du travail (BIT). "Sont comprises dans l'emploi à la fois les personnes ayant travaillé au moins une heure rémunérée pendant une période donnée, mais également les personnes n’ayant pas travaillé pour certaines raisons (congés rémunérés, arrêts-maladie, chômage partiel, etc. – dans certains cas sous conditions de durée)", souligne l'institut.