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Coronavirus : "2 000 personnes seront en réanimation en Île-de-France entre le 5 et le 14 avril", prévient un médecin

Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris, alerte sur l'engorgement à venir des hôpitaux franciliens par les malades du Covid-19. 

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Radio France
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Les urgences de l'hôpital Tenon à Paris n'accueillent quasiment plus que des malades du coronavirus.  (FRANCK FIFE / AFP)

En France, près de 1 700 personnes sont mortes du coronavirus, dont une adolescente de 16 ans, en Île-de-France. C'est la première mineure à mourir du Covid-19. L'accélération de l'épidémie se poursuit. Entre mercredi 26 et ce jeudi 27 mars, il y a eu 365 morts de plus en 24 heures, contre 231 lors du bilan précédent. "2 000 personnes seront en réanimation en Ile-de-France entre le 5 et le 14 avril", a déclaré ce vendredi sur franceinfo Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris.

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franceinfo. Quelle est la situation dans votre établissement ? Est-ce qu'il y a encore de la place dans le service de réanimation ?

Gilles Pialoux. On est extrêmement sous tension à Tenon, notamment avec la réanimation. On avait 20 places en réanimation qui ont très vite été occupées, on est passé à 34 places en poussant les murs sur les unités de soins intensifs. On s'est organisés pour arriver à 42 places, c'est le maximum et on va l'atteindre dans les jours qui viennent.

Les hôpitaux franciliens vont-ils pouvoir tenir le choc ?

Probablement. Cela dépendra de l'importance de la vague et de comment on pourra s'organiser pour aider les réanimateurs. Certaines réanimations, notamment à Avicenne (Bobigny), ont commencé des transferts comme ça a été le cas en Lombardie, notamment vers Rouen. On va être obligé d'utiliser les autres centres hospitaliers parce qu'on arrive à saturation. On mise sur 2 000 malades. C'est une projection, 2 000 personnes seront en réanimation en Île-de-France entre le 5 et le 14 avril. Actuellement, il y a 1 500 places. Nous essayons de transférer le plus possible les patients pour essayer d'avoir en permanence des lits pour assurer l'aval des urgences où il n'y a quasiment que des suspects de Covid qui se présentent.

L'âge des patients évolue-t-il ?

Cela fait plusieurs jours, voire plusieurs semaines, que l'âge des personnes s'élargit. Ce n'est pas qu'il y a moins de personnes âgées, c'est qu'il y a aussi des personnes en-dessous de 50 ans. Le plus jeune décès dans notre hôpital, c'est 32 ans. Le plus âgé, 93 ans. Ce qu'on remarque aux urgences, et cela impacte le personnel, c'est que les cas qu'on hospitalise sont de plus en plus lourds. Comme la réanimation est remplie, on est obligé de mettre dans les lits de médecine des patients qui, parfois, relèveraient de la réanimation. La liste des pathologies qui donnent des formes plus sévères s'est allongée considérablement et donc ça élargit effectivement les personnes à risque.

Allez-vous manquer de personnel ?

Il y a une énorme solidarité. Des personnels sont venus d'ailleurs, ils ont arrêté une activité qui était déprogrammable, je pense notamment aux anesthésistes, et ils viennent renforcer les équipes de réanimation. Mais tout ça n'est pas extensible à l'infini.

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