Confinés dans la Sarthe, les artistes du cirque Arlette Gruss répètent leurs numéros en espérant la reprise des spectacles

Comme tous les acteurs du spectacle vivant, le rythme des représentations s'est brutalement interrompu le 14 mars dernier. Les 110 artistes patientent à la Fontaine-Saint-Martin, dans la Sarthe, où le cirque a ses quartiers depuis 1989. 

Eros et Alexis Gruss, deux jeunes acrobates du cirque Gruss en répétition 
Eros et Alexis Gruss, deux jeunes acrobates du cirque Gruss en répétition  (France 3 Orléans)

Voltige, dressage, répétitions de nouveaux numéros, les membres du cirque Arlette Gruss n'ont pas vraiment l'habitude de rester sans mouvement. Interrompue en plein vol, la troupe a retrouvé ses quartiers près du Mans, dans la Sarthe. La vie de famille continue avec une forte envie de reprendre la tournée. 

De nouveaux numéros

A la Fontaine-Saint-Martin vivent une centaine de personnes du cirque Gruss : chauffeurs, acrobates, dresseurs, personnels administratifs et direction. 110 personnes se retrouvent à l'arrêt et c'est toute l'organisation qu'il faut revoir. Les 40 animaux aussi sont confinés dans les 40 hectares du site.

Alors, entre les devoirs des enfants et la vie familiale, Laura Gruss continue de faire travailler ses chevaux. "C’est très important de continuer à les faire répéter ou même juste de les faire sortir avec nous sur la piste ou à l'extérieur, il faut garder le contact avec eux", explique-t-elle. 

Solidarité envers l'hôpital 

Dans le chapiteau voisin, deux autres Gruss s'entraînent pour un numéro plus acrobatique. "On profite de cette situation pour répéter plusieurs heures par jour, plus plusieurs heures de musculation" explique Darien qui entraîne les acrobates. Mais pour les deux jeunes voltigeurs, ce qui leur manque le plus c'est d'être sur la piste et de voir les gens heureux dans le public. 

Durant cette période particulière, la couturière du cirque Sarah a décidé de fabriquer des surblouses pour aider l'hôpital du Mans. Avec son équipe et d'autres membres de la troupe, ils fournisssent environ cinquante blouses par jour pour le personnel soignant. 

Inquiétude

Dans les allées, chacun bricole, rénove le matériel, en espérant une reprise dès le mois de septembre. "Tous les matins au réveil, je me dis que c'est un gâchis de voir tout ça", se désole Gilbert Gruss, "j'espère surtout qu'on aura une bonne reprise, que les gens auront vraiment envie de s'amuser et qu'ils reviendront nombreux pour nous voir, nous applaudir, sinon ça ne va pas durer très longtemps cette histoire". 

 Comme de nombreuses entreprises, le cirque Arlette Gruss est menacé de disparaître. Pour le moment, personne ne sait quand le grand chapiteau pourra reprendre la route.