Vidéo L'idée d'un passeport vaccinal à l'heure du Covid-19 accueillie de façon différente en Belgique, en Grande-Bretagne, en Italie et en Israël

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Chaque semaine dans le monde en face, une même actualité vue par quatre correspondants de franceinfo. Aujourd'hui, direction la Belgique, l'Italie, la Grande-Bretagne et Israël pour voir comment l'idée d'un passeport vaccinal, à l'heure du Covid-19, fait son chemin.

Et si nous devions bientôt nous doter d'un passeport vaccinal, papier ou numérique pour pouvoir circuler librement et en particulier nous rendre à l'étranger à l'heure de l'épidémie de coronavirus Covid-19 ? La Grèce a, la première, lancé cette idée en Europe parce qu'elle souhaite sauver sa saison touristique estivale, en espérant que d'ici là la vaccination ait bien avancé sur le continent.

Jérusalem table déjà sur un partenariat avec d'autres pays

En Israël, un citoyen sur trois a déjà reçu au moins une dose de vaccin et l'État vient d'annoncer un accord avec plusieurs pays, dont la Grèce pour un passeport vaccinal. Ceux qui ont, là-bas, reçu leurs deux injections ont ainsi obtenu en échange ce certificat de vaccination. Israël discute déjà avec la Grèce pour mettre ce passeport en service entre les deux pays. Cela permettrait aux voyageurs d'éviter la quarantaine dans les deux sens. Israël discute par ailleurs avec la Roumanie, la Serbie, Chypre et les Seychelles. Au niveau intérieur, ce 'passeport vert' servira à se rendre dans les salles de spectacle, fermées depuis presqu'un an. Mais ce n'est pas pour tout de suite, notamment parce qu'Israël n'a pas encore atteint l'immunité collective et que les nouveaux variants font des milliers de nouveaux cas chaque jour.

L'Italie est divisée

En Italie, les régions les plus touristiques du pays, en particulier, plaident pour cette idée, mais elle ne fait pas l'unanimité. Ainsi, le gouverneur de Campanie imagine déjà une sorte de permis avec une carte à puce qui permettrait de vérifier la vaccination. En recoupant les données de santé régionales, les fédérations hôtelières sont aussi à la manœuvre et ne veulent pas que les retards actuels dans la campagne de vaccination repoussent l'éventualité d'un passeport. Il s'agit en effet d'être prêt pour les prochaines vacances au printemps et cet été expliquent les hôteliers et les restaurateurs. Mais tous les secteurs n'ont pas réussi à s'entendre.

Les Belges jugent l'idée prématurée

En Belgique, où seulement 3% de la population a été vacciné à peu près comme en France, on juge l'idée prématurée et le sujet n'est pas à l'ordre du jour et à peine évoqué dans la presse. La vaccination en Belgique est en effet volontaire et le gouvernement attend d'atteindre l'objectif de 70% de citoyens vaccinés. Un porte-parole du gouvernement évoque l'idée d'un certificat, sur le modèle du livret de vaccination jaune, délivré pour prouver la vaccination contre la fièvre jaune. Quant à son utilisation future, il ne sera pas réclamé pour accéder à des lieux publics, ont déjà déclaré les autorités. Mais pour prendre un avion, pour entrer dans une salle de concert privée, la porte n'est pas fermée. Il s'agira de mener des discussions entre les différentes communautés et la chose s'avère tendue, confie une source belge proche des autorités. Car ici, tout ce qui peut faciliter la vie est plutôt bien accueilli par les Flamands, tandis que les francophones sont plus réticents pour se faire vacciner.

Les Britanniques n'ont pas encore tranché 

Au Royaume-Uni, qui est à la fois le pays le plus touché d'Europe par la pandémie et aussi le pays où la vaccination avance très vite, le sujet est controversé jusqu'au sein du gouvernement. Le ministre dédié à la vaccination est favorable au passeport vaccinal et se dit prêt à étudier cette technologie, en indiquant qu'il pourrait servir dans certains commerces comme les bars, les restaurants et les hôtels, par exemple. Une option balayée aussitôt dans la foulée par Michael Gove, un poids lourd du gouvernement. Tony Blair est venu ajouter son grain de sel : l'ancien Premier ministre travailliste est venu expliquer que le Royaume-Uni doit développer ce laissez-passer mondial. Ce faisant, il vient titiller Boris Johnson sur un terrain sensible, celui qui indique la voie plutôt que de la suivre. Blair encourage donc son pays à créer ce passeport, le développer et le proposer à la planète entière. Pour l'instant, le débat n'est pas tranché et la consigne est claire : même pour ceux qui ont été vaccinés, il faut continuer à respecter les restrictions. C'est à dire, actuellement : rester confiné.

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