Vaccin contre le Covid-19 : “On se réjouit car c'est une avancée scientifique colossale”, déclare Sylvie Briand, directrice en risque épidémique à l'OMS

Sylvie Briand rappelle que l'on "n'a jamais pu développer des vaccins aussi vite". 

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Sylvie Briand en février 2020.  (SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE)

“On se réjouit, parce que c'est quand même une avancée scientifique colossale”, a déclaré Sylvie Briand, au sujet de la découverte de deux vaccins qui revendiquent une efficacité de 95% contre le Covid-19. La directrice en risque épidémique et pandémique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), invitée de franceinfo jeudi 19 novembre, a cependant nuancé : “C'est un produit biologique, donc il faut toujours être un peu prudent. Il faut attendre que l'Agence de régulation américaine donne les autorisations de mise sur le marché."

franceinfo : comment sort-on du confinement sans relancer l'épidémie ?

Sylvie Briand : D'abord, il faut y aller progressivement, en commençant par les choses qui sont moins sujettes à l'accélération de la transmission. Par exemple, on a vu des transmissions importantes lors de rassemblements dans des lieux fermés, bondés, où les gens ne peuvent pas garder la distance. Dans ces lieux fermés, l'important est d'essayer de garder les distances, que les gens portent des masques, et d'aérer possible. Il faut essayer de repérer ces endroits et prendre plus de précautions.

Est-ce qu’on rouvre les commerces ?

Certains pays les ont rouverts et se sont bien débrouillés, en limitant le nombre de personnes à un instant donné. Ça demande un peu d'organisation, évidemment. En fonction de la surface du commerce, on ne peut pas avoir plus de quatre ou cinq personnes. Les gens sont, en général, assez disciplinés, attendent dehors quand il y a trop de monde. Il faut que le gouvernement mette en place les conditions.

Deux vaccins revendiquent une efficacité de 95%, Pfizer et Moderna. Vous réjouissez-vous de ce chiffre ?

On se réjouit, parce que c'est quand même une avancée scientifique colossale. On n'a jamais pu développer des vaccins aussi vite. Après, c'est un produit biologique, donc il faut toujours être un peu prudent. Il faut attendre que l'Agence de régulation américaine, la FDA, donne les autorisations de mise sur le marché ou d'utilisation selon un protocole d'urgence. Il y aura ces deux vaccins, mais il y en aura d'autres. Il y en a une dizaine qui sont déjà en phase trois. Le vaccin chinois est déjà utilisé dans certains pays. Après, le nombre de doses qui seront accessibles au début va certainement être limité. On ne va pas d'emblée avoir des milliards de doses disponibles. Il faudra y aller progressivement sur la vaccination, en donnant sans doute la priorité aux groupes à risque au début.

On a le souvenir de la campagne de vaccination de 2009 contre grippe H1N1 où l’on faisait la queue pendant des heures. Est-ce qu'il faudra reproduire ce schéma pour vacciner massivement en France ?

Ce vaccin sera probablement utile pour protéger les personnes les plus à risque de faire des maladies graves, donc ça ressemble au protocole vaccinal qu'on a pour la grippe. On pourrait utiliser les mêmes canaux de vaccination, puisque les gens sont déjà habitués à ce schéma et que ça fonctionne bien en général pour la grippe saisonnière. Ça dépend aussi du vaccin. L’un d’eux demande une conservation des chaînes de froid très élevée. On va voir les conditions techniques de mise en œuvre de la vaccination.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.