Restaurants fermés au moins jusqu'à la fin de l'année : "Quand on vous empêche de travailler, c’est une dictature", dénonce le restaurateur Christophe Marguin

Le restaurateur lyonnais dit comprendre la gravité de la situation sanitaire mais demande à pouvoir ouvrir au moins les midis en semaine. 

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Radio France
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Christophe Marguin en décembre 2017.  (PHOTO JOEL PHILIPPON / MAXPPP)

Les bars et les restaurants ne rouvriront pas avant la fin de l'année, selon les informations de franceinfo. Un coup de massue pour ces établissements fermés depuis le début du confinement pour lutter contre le Covid-19. Christophe Marguin, restaurateur et président des Toques Blanches Lyonnaises, a dénoncé mardi 17 novembre sur franceinfo cette décision : "Quand on vous empêche de travailler, c’est une dictature, ce n’est pas autre chose." Selon lui, les représentants des restaurateurs n’ont plus de contact avec le gouvernement : "C’est grave. On sent vraiment qu'on est mis à part."

franceinfo : Vous ne vous attendiez pas à une telle décision ?

Christophe Marguin : Non, sincèrement, on espérait pouvoir rouvrir nos établissements avant la fin de l'année puisqu'on est dans une situation très tendue. On s'était mis dans la tête aux alentours du 15 décembre. Le 15 décembre, on aurait été déjà pas loin de 125 jours fermés. C’est inimaginable pour une entreprise de pouvoir survivre à une période telle que celle-ci. Et là, on rajoute une trentaine de jours. Je ne vois pas comment on va pouvoir passer ce cap si important. 125 jours, c'est inadmissible. 125 jours sans avoir le droit de travailler. C'est une dictature. Quand on vous empêche de travailler, c’est une dictature, ce n’est pas autre chose.

Vous n’entendez pas les arguments sanitaires ?

Si, mais lorsqu'on nous a demandé de mettre des choses en place, on a tout fait. Après, s'il y a des gens qui exagèrent, s’il y a des bars qui se sont enflammés, s’il y a des restaurants festifs qui ont exagéré, l’État a des services pour taper sur ces gens et les fermer administrativement, mais ne pas empêcher les autres. Lorsque nos syndicats qui ont fait un travail merveilleux lors du premier confinement, aujourd'hui n’ont pratiquement plus de contact avec l'État, c'est grave. On sent vraiment qu'on est mis à part. Je ne vois pas quel est l'intérêt de continuer à discuter. On est des gens constructifs. On insiste : on veut travailler, on veut tout simplement pouvoir faire vivre nos entreprises, sauver nos emplois et sauver nos filières qui sont énormes. Si déjà, on pouvait déjà travailler du lundi au vendredi midi et recommencer la vie économique, recommencer à travailler. Il va falloir passer le cap de 2020. Vous savez, c'est long encore. On est mi-novembre et il reste encore 45 jours pour finir l'année. Ça va être long, ça va être très long. Si pendant 45 jours vous n’entrez pas de l'argent dans vos sociétés, les banquiers ne nous feront pas de cadeau comme d'habitude.

Vous avez manifesté à Lyon pour dénoncer cette situation. Allez-vous vous mobiliser une nouvelle foi ?

Je pense que lundi on va se mobiliser parce qu'on est tous dans le même panier. Et c'est ça qui était fort dans cette manifestation. C’était vraiment une manifestation pacifiste. Cela s'est très bien passé. C'était de fédérer tout le monde, c'est-à-dire du petit commerce où il y a un ou deux employés aux grandes entreprises de l'habillement lyonnaises qui ont des centaines d'employés, aux restaurateurs, aux cafetiers, au monde de la nuit, au monde de l'événementiel. Et on est tous dans cette situation très, très compliquée. Donc, on veut juste faire comprendre qu'on n'est pas des méchants, qu'on est des gentils, qu'on fait ce qu'on nous demande, qu'on a toujours fait ce qu'on demandait, mais laissez-nous travailler.

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