Reconfinement en Martinique : "C’est la mesure à prendre", assure le maire de Fort-de-France puisque "l’hôpital est en saturation"

A partir de vendredi à 19 heures les Martiniquais seront confinés pour trois semaines.

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Radio France
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Didier Laguerre, maire de Fort-de-France en Martinique. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La Martinique est le premier département français à reconfiner. A partir de ce vendredi, 19 heures, et pour trois semaines, les Martiniquais seront confinés et également soumis à un couvre-feu entre 19 heures et 5 heures. "C’est la mesure à prendre", estime le maire de Fort-de-France, chef-lieu de la Martinique, jeudi 29 juillet sur franceinfo. Didier Laguerre assure qu’en Martinique, "la situation est très préoccupante" et que "l’hôpital est en saturation". Il appelle à la "pédagogie" quant à la vaccination et s’oppose à une "obligation vaccinale".

franceinfo : Quelle est la situation aujourd’hui en Martinique ?

Didier Laguerre : La situation est très préoccupante, compte-tenu du nombre de contaminations hebdomadaires, on est quasiment à 4 000 cas, et du taux de saturation de l’hôpital. On a un vrai problème sanitaire, avec une vaccination encore très largement insuffisante. Moins de 20 % des Martiniquais sont vaccinés. Il y a donc un risque que le nombre d’hospitalisations augmente, parce qu’une partie importante de la population qui a des comorbidités n’est pas protégée. On a déjà saturé les lits en réanimation pour les malades du Covid, alors qu'ils ont été augmentés. L’hôpital est en saturation aujourd’hui. Et le risque, c’est que dans trois semaines, on ait une augmentation très importante du besoin d’hospitalisations et qu’on ne soit pas en capacité de faire face. Aujourd’hui, l’hôpital déprogramme des opérations. On a un renfort de la réserve sanitaire qui a été activé. 37 personnes sont arrivées de métropole pour pouvoir mettre des moyens humains en termes de réanimation. Donc oui, la vaccination est fondamentale, mais elle va produire des effets dans un ou deux mois. Aujourd’hui, l'application des gestes barrières est fondamentale, notamment chez les jeunes qui sont souvent asymptomatiques. Donc le rétablissement d’un confinement avec un couvre-feu à 19 heures, c’est la mesure à prendre, parce que les chiffres montrent que l’épidémie se propage beaucoup lors d’activités festives et nocturnes. Et puis ce confinement permet quand même à l’activité économique de fonctionner, tout en limitant les déplacements qui ne sont pas indispensables, et en limitant les interactions en misant sur le télétravail.

Concrètement, les commerces resteront ouverts mais pas les restaurants. Un couvre-feu sera instauré entre 19 heures et 5 heures. Entre 5 heures et 19 heures, il sera possible de se déplacer mais avec une attestation pour se rendre à plus de 10 km de chez soi. Ces mesures sont-elles acceptées par les habitants de Fort-de-France ?

Ces mesures sont comprises par la grande majorité de la population, compte-tenu de la gravité de la situation sanitaire. Il y aura toujours des gens qui veulent continuer à vivre comme avant, mais il est évident qu’on ne peut pas ne pas prendre ces mesures de restriction. Mais je suis de ceux qui disent que, au-delà du confinement, on a un travail de pédagogie, d’explication et de communication à faire sur le territoire de la Martinique, comme sur le territoire français, pour pouvoir convaincre la population et ceux qui sont réticents de la nécessité de la vaccination. Parce que ce n’est pas possible d’obliger les gens à se faire vacciner, on n’y arrivera pas, ce n’est pas acceptable. Il faut pouvoir expliquer, convaincre et continuer à parler des gestes barrières, des mesures de protection, parce qu’on a constaté aussi que lorsqu’on a déconfiné au mois de juin et qu’on a levé l’obligation du port du masque, inconsciemment on a déclenché, chez chacun de nous, un sentiment de retour à la vie d’avant et d’oubli du virus, et on a favorisé le redémarrage de cette propagation.

Ces mesures arrivent fin juillet. Y a-t-il des inquiétudes quant à leur impact sur l’activité économique ?

Oui, il y a une inquiétude sur l’activité touristique. Les restaurateurs et le monde des loisirs sont inquiets, parce que les activités sportives sont particulièrement limitées, les salles de sport seront fermées, les restaurants aussi, les discothèques sont déjà fermées. Les artistes payent aussi un lourd tribut. Le festival de Fort-de-France, qui devait se terminer le 23 juillet, a été arrêté le 12 juillet. Donc toute une partie de l’activité économique paie un lourd tribut, lié au confinement et à la crise sanitaire de manière générale. J’ai déjà des remontées d’inquiétudes de restaurateurs qui sont en grande difficulté, même si les dispositifs d’accompagnement de l’Etat et de la collectivité territoriale de Martinique vont se poursuivre, parce qu’ils n’ont pas de visibilité sur la fin de cette crise.

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