Plan de relance de l'économie : pour le Medef, un accord entre les 27 "est capital pour la relance française" et pour "les entreprises françaises"

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, estime sur franceinfo lundi 20 juillet qu'un accord européen est indispensable pour les entreprises françaises car leurs principaux clients se trouvent en Europe. "C'est là où ça se joue", estime-til.

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, le 9 juillet 2020 à Matignon, à Paris.
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, le 9 juillet 2020 à Matignon, à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a rappelé lundi 20 juillet l'importance d'un accord européen pour relancer l'économie lors du sommet des 27 chefs d'État ou du gouvernement : "C'est capital pour la relance française, mais c'est aussi capital pour les entreprises françaises", a-t-il indiqué. En cas d'accord, pratiquement un tiers des 100 milliards du plan de relance français pourrait être financé par l'Union européenne. L'Europe joue lundi les prolongations à Bruxelles pour essayer d'arracher un accord.

franceinfo : L'absence d'accord à Bruxelles entre les 27 vous inquiète-t-elle ?

Geoffroy Roux de Bézieux : C'est mieux de prendre 24 heures de plus ou même 48 heures pour avoir un bon accord. On peut voir le verre à moitié vide. On met du temps à trouver cet accord, mais c'est la première fois que l'Europe emprunte pour l'Europe. C'est quand même très nouveau cette mutualisation de l'emprunt. Ça crée des tensions. Moi, je suis d'abord optimiste de nature. C'est normal qu'on prenne du temps. On est 27 pays, des cultures différentes. Je vois que les patronats européens ont mis du temps à convaincre le patronat hollandais de venir dans cette mutualisation et ils sont maintenant plus en avance que leurs gouvernements. On a commencé par les Allemands. En fait, on avait signé une déclaration avec les Allemands il y a deux mois. C'est très simple. Vous ne pouvez pas êtes prospères dans un continent qui ne l'est pas. Avec les tensions qu'il y a dans le monde, notamment sur le protectionnisme américain, les tensions en Chine, cette idée d'être prospère tous ensemble en Europe a fait son chemin. L'égoïsme recule. On va dire les choses comme ça, on ne peut pas dire que ça a complètement disparu.

Ce plan de relance est capital pour la France ?

C'est capital pour la relance française, mais c'est aussi capital pour les entreprises françaises. Nos principaux clients, ce n'est pas en Chine, ce n'est pas aux États-Unis, c'est autour de nous. L'Allemagne est notre premier client, l'Italie est notre deuxième client, donc c'est là où ça se joue. Et donc, il faut que ces pays-là, en particulier l'Italie et l'Espagne, puissent aussi relancer leur économie.

Le décret sur le port du masque dans les lieux publics clos a été publié. Est-ce que cela peut contrarier la reprise économique ?

Dans les entreprises, c'est déjà le cas quand la distanciation sociale n'est pas possible. Ça ne va rien changer. Ce qui change, c'est pour ce qu'on appelle les ERP (établissements recevant du public). Donc effectivement les commerces. Il y en a beaucoup. Il y en a déjà qui appliquaient de manière volontaire cette consigne. Je crois d'abord qu'on n'a pas le choix parce que ce qui tuerait l'économie française, ce n'est pas le port du masque, c'est une deuxième vague pandémique.

Cela vous fait peur ?

Je ne suis pas spécialiste des épidémies, mais oui, on ne peut pas se permettre, en quelque sorte, un deuxième confinement généralisé. Je ne sais pas si cela serait fatal, mais ça serait très difficile. C'est pour ça qu'on soutient cette mesure. On se discipline maintenant. Vous savez, l'Asie vit avec des masques depuis très longtemps et les gens font leurs courses et les gens font leur shopping.

Quelle est la photographie de la reprise économique en France ?

Il y a des secteurs qui sont très durablement touchés. L'hôtellerie, notamment dans les grandes villes, parce qu'elle dépend des touristes. Les premiers retours sont très mauvais parce que l'hôtellerie parisienne, c'est 70% des touristes étrangers et ils ne sont pas là. L'aéronautique est en grande difficulté. Par contre, dans le reste du secteur, on voit une reprise plus forte que prévu. C'est important de le dire. C'est aussi mon rôle. Mais le pire n’est pas certain. On voit notamment dans le commerce des chiffres de consommation qui sont plutôt bons. Et puis, il y a les petits signes. La création d'entreprises, par exemple, qui, au mois de juin, se portent bien. Je ne veux pas dire de bêtise, mais on est à +40%, +50% par rapport à l'historique. Vous avez des Français et des Françaises qui sont entreprenants, qui ont le moral, qui sont prêts à se lancer dans l'aventure de la création entrepreneuriale en pleine pandémie. Globalement, c'est une envie des Français de participer à la reconquête. Et les patrons, les entrepreneurs sont dans cet état d'esprit. Je vois beaucoup de patrons qui ne sont pas optimistes, mais combatifs.